Épisode 9 : les différences entre les connards et les fils de p***

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Larguée, malheureuse et honteuse

Previously dans l’épisode 8 : A nouveau célibataire, j’ai dû trouver des réponses à mes questions, auprès de mes amis, mais pas seulement puisque j’ai même sollicité ma môman. J’ai tenté de me refaire les saisons de Sex & The City, Bridget Jones, Célibataire mode d’emploi, 500 jours ensemble et autres comédies romantiques sur Netflix pour finalement me diriger vers la valeur sûre : le rayon développement personnel de la FNAC. Le rayon de la honte. Le rayon qui permet de déterminer, en fonction des livres sur lesquels la personne s’attarde, ce qui cloche dans sa vie : ah, elle vient de se faire larguer, lui est bloqué dans la friendzone, elle est une stressée de la vie.

Le rayon développement personnel de la FNAC. Le rayon de la honte.

 

C’est donc là, entre “Le couple brisé : de la rupture à la reconstruction de soi”, “La rupture amoureuse”, “Le tumulte amoureux”, “Le couple mode d’emploi” et “Retrouver la force de l’amour”, que j’ai trouvé “Celibadtrip” d’Anne Berland. Sur 200 pages, cette trentenaire explique comment elle a vécu son célibat, parfois dans la joie de vivre en solo et souvent dans la douleur de n’avoir personne avec qui partager les petits bonheurs simples du quotidien. Pas très gai, hein? Sur ces 200 pages réalistes, drôles et parfois déprimantes tant elles décrivent très bien l’état d’esprit post-rupture, un passage m’a éclairé. Certes, il  manque un peu de subtilité mais cet extrait, comme tout le livre, a le mérite d’avoir été rédigé par une femme qui souffrait d’un chagrin d’amour et a su mettre des mots sur son mal. Un mal partagé par le lecteur. Ici, en l’occurrence, moi. 

Chez les hommes, entre 27 et 37 ans, « c’est la génération perdue »

Selon l’auteur, avant 27 ans, les hommes sont disponibles mais un peu immatures et très attachés à leur copains. Après 37 ans, ils sont séparés ou divorcés et ont souvent des enfants mais sont en quête d’une relation stable. Entre 27 et 37 ans, c’est… le No Man’s Land. “C’est la génération perdue. la moitié des mecs est en couple, l’autre a renoncé. […] Tout ce qui menace leur liberté leur donne envie d’acheter des guns et de tout détruire. Méfie-toi, ces mecs-là ne respectent rien ni personne , pas même leur maman.” écrit-elle. Et parmi les célibataires de cette tranche d’âge, l’écrivain fait une distinction intéressante, et pertinente en de nombreux points, entre deux catégories : les connards et les fils de pute.

Connard ou FDP… c’est quoi le moins pire ?

Comment reconnaître un connard?

“Le connard est facile à reconnaître. […] Il est attachant mais détaché et il pratique beaucoup le second degré pour montrer qu’il n’est pas dupe. […] Le connard n’est pas un mauvais bougre, c’est juste un connard. Qui, si tu oses lui faire le moindre reproche, te dira “Non mais allô quoi, je t’ai jamais rien promis. Le connard ne promet jamais rien qu’il ne pourra tenir. C’est pourquoi tu développes une certaine tendresse pour lui, une fois que tu as fait connaissance avec le fils de pute”.

Comment différencier le connard du FDP?

Quid du FDP? “Le fils de pute, c’est un mec qui te raconte qu’il ne croit plus en l’amour, mais que votre rencontre a fait bouger les lignes. […] Habilement, subtilement, insidieusement, le FDP est capable de faire tomber une à une  toutes tes défenses, toi qui t’étais blindée à mort depuis tes déboires avec les connards. […] Le FDP va t’attendrir et tu vas tomber amoureuse.[…] C’est la griffe du FDP : il veut qu’on l’aime C’est plus fort que lui; le connard en voulait à ton cul, lui à ton coeur. […] Et si tu oses lui faire un reproche, il te dira : “Mais je te jure que quand je t’ai dit ‘Je t’aime’, j’y croyais vraiment sur le coup”.

A la lecture de cet extrait, je me suis d’abord dit : “Mais en fait, Voldemort appartenait à la catégorie des FDP alors !”. Puis j’ai réalisé que cette analyse était caricaturale. Mais à vrai dire, je m’en claquais les ovaires à ce moment-là, le bon sens n’était pas ma quête principale.

Après une séparation, l’entourage (quand il ne vous abandonne pas) essaie de vous aider à relativiser, minimisant le séisme émotionnel qui vous ravage pour vous inviter à avancer dans la vie. Sauf qu’au moment de la lecture de ce livre, je n’étais pas encore tout à fait guérie et je ne voulais pas avancer. Je voulais juste qu’on prenne la pleine conscience de cette petite mort que j’étais en train de vivre et je me sentais incomprise. Tu verras lecteur quand tu te te feras jeter par quelqu’un que tu aimes et avec qui tu avais plein de projets… bah tu reviendras lire cet article en disant « BORDEL, MAIS ELLE AVAIT RAISON, LOUISE ! ».

En fait, j’étais encore dans ma phase colère et j’avais juste envie de vomir ma haine gratuitement. Et ce livre, pas un grand prix de littérature, était néanmoins ce dont j’avais besoin : les mots de quelqu’un qui me comprenait, aussi en colère et triste que moi. 

Rien que pour ça : merci le rayon « développement personnel » de la FNAC.

 


 

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Brand Name
Célibadtrip d'Anne Berland
Product Name
Livre de développement personnel
Price
EUR 16,95€
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