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Épisode 62 : La fin de notre histoire (1/2)

Coeur brisé et game overReading Time: 5 minutes

Précédemment > Épisode 61 : nos disputes et nos incompréhensions

The End

Et si c’était moi le problème ?

Avec Arnaud (alias Monsieur Connard), je me retrouvais à éteindre ma personnalité pendant qu’il attirait trop souvent l’attention dans un egotrip troublant et j’encaissais son manque de tact permanent qui ressemblait parfois à une méchanceté incontrôlable. J’avais pourtant du caractère, alors pourquoi ne réagissais-je pas ? Je me retrouvais à ne pas écouter ma propre petite voix intérieure en pensant naïvement qu’il savait mieux que moi : il avait passé 10 ans en couple, il savait mieux comment se vit une relation, c’était évident. Si ça ne marchait pas, c’est sûrement que je ne faisais pas suffisamment d’efforts dans notre couple. Je ne m’intéressais peut-être pas assez à lui, je ne faisais peut-être pas assez de concessions, je n’étais peut-être pas assez présente pour lui. La distance que j’instaurais dans notre intimité avait des répercussions sur mon comportement au quotidien… qui lui même avait des conséquences sur notre couple. Ça, c’était évident. Étais-je la seule responsable de l’instabilité de notre histoire pour autant ? Je manquais de recul pour avoir des réponses claires.

Prendre son mal en patience

Et si je ne voulais pas que cette histoire, qui avait si joliment commencé, se termine, je devais y croire. Nos parents et grands-parents ne se séparaient pas au moindre doute dans leur couple, ils restaient ensemble. Alors qui étais-je pour vouloir mettre un terme à une belle histoire, avec un garçon si doux, et a priori inoffensif, au bout de quelques mois ? Je devais prendre mon mal en patience, c’était sûrement une mauvaise passe, comme j’en avais connu beaucoup avec Voldemort, comme il y en a dans tous les couples. La passion allait sûrement revenir. Et surtout, je savais qu’on était sur la même longueur d’ondes pour beaucoup de choses, mais de nombreuses incompréhensions dans nos conversations perturbaient notre complicité. Nous devions régler ça. Nous pouvions régler ça. J’avais des doutes, mais je voulais y croire. Parmi tous les hommes que j’ai connus (une liste tout à fait raisonnable, soit dit-en passant), Arnaud était ce qui se rapprochait le plus de Mark Darcy, mon idéal romantique. Et je voulais me convaincre que s’il pouvait être aussi pédant que Darcy, il pouvait aussi m’aimer autant que Darcy aime Bridget.

 

Le début de la fin

Un jour, pourtant, l’engueulade de trop a explosé, pour une broutille. Je lui ai demandé s’il voulait qu’on se sépare. Je craignais qu’il dise oui, mais je voulais qu’il me dise non. Je voulais qu’il me dise qu’il m’aimait, que les dernières semaines bizarres qu’on avait passées étaient anecdotiques. Je voulais qu’il me dise qu’il était prêt à faire des efforts, je voulais qu’il me demande très concrètement de faire tel ou tel effort pour tout arranger. Je voulais qu’on trouve une solution et que tout finisse en happy end comme quand Bridget finit par retrouver son Marc. Pourtant, à ma question de savoir s’il voulait rompre, il m’a juste répondu « Je ne sais pas » (mauvaise réponse), ajoutant qu’il ressentait un « malaise » entre nous (très mauvaise réponse). J’ai feint de ne pas comprendre. Mais je savais très bien de quoi il retournait :je le ressentais depuis plusieurs mois ce « malaise » . Et je l’avais lâchement enfoui.

Des sentiments mitigés

J’avais moi-même des doutes sur notre couple et je faisais reposer ce dernier sur la seule confiance qui émanait d’Arnaud. Si lui même « ne savait pas », c’est qu’il n’y avait donc plus de couple. Après cette dispute, on s’est quittés en froid… pour en rediscuter calmement plus tard. Mais on savait tous les deux que quelque chose s’était brisé. Je le savais, mais je voulais y croire quand même. Il le savait et ne cherchait plus à faire semblant. C’était évident : c’était fini. Plein de sentiments se mélangèrent : le soulagement, la déception, la solitude, la colère, l’agacement et la peur de l’avenir. Mais, l’avantage d’avoir déjà morflé lors d’une précédente rupture, c’est que l’on est aguerri : malgré toutes ces émotions, je savais que je me relèverai, quelques semaines plus tard. Et ce, sans souci.

Triste, vexée, consternée et coupable

C’est lui qui a pris les devants et la fin de notre histoire s’est déroulée sur le quai d’une gare. J’étais triste. Pas anéantie ou effondrée. Juste triste.
Triste et un peu déçue de cette fin sans panache. Sans bande-originale romantique. Ca manquait d’une chanson dépressive d’Adele pour rythmer nos adieux.
Triste et consternée de ne pas m’être écouté plus tôt pour arrêter cette histoire.
Triste et agacée d’avoir accepté de minorer ma personnalité pour lui au point d’écraser progressivement mon amour-propre.
Triste que nos incompréhensions et notre absence de communication aient eu raison de nous.
Triste et vexée de n’avoir été que sa « relation-pansement » pour qu’il tourne la page de son ex.
Triste et un peu coupable parce qu’au lieu de ne penser qu’à lui, je pensais à ses proches que j’appréciais foncièrement et dont j’allais devoir me séparer aussi.
Triste et anxieuse parce que je réalisais que je n’avais peut-être pas été vraiment amoureuse de lui mais que j’aimais peut-être surtout la sécurité d’une vie de couple avec lui.

Problème de traduction

Lui, comme moi, aurions sûrement préféré des adieux matures, teintés de respect. Loupé. Je pleurais de façon ininterrompue comme si j’épluchais des oignons, lui enchaînait les indélicatesses verbales. La fin de notre couple s’annonçait comme un échec.

Il a ainsi notamment déclaré que « ça n’avait jamais été le grand amour entre nous ». Aussi vraie que puisse être cette phrase, elle sonnait comme un rappel que l’on avait passé du temps ensemble, non pas par amour mais juste faute de mieux. Un peu comme quand t’as faim à 22h00 et que tu te contentes d’un kebab ou d’un Mcdo parce qu’il n’y a que ça d’ouvert. Je reconnaissais bien là sa maladresse dans la verbalisation de ses émotions.
Il m’a dit : « Quand je te vois pleurer comme ça, je comprends que j’avais moins de sentiments pour toi que toi tu en as pour moi ».
J’ai compris :  « Si tu pleures c’est que tu m’aimes. Si je ne pleure pas, c’est que je ne t’aime pas »


Il m’a dit : « Je me sens mal et te voir dans cet état va me marquer et me perturber pendant longtemps, des semaines, des mois voire des années, même si bien sûr je retrouverai quelqu’un d’ici là ».
J’ai compris : « Je garderai tes yeux embués de larmes dans un coin de ma tête comme un vague souvenir, mais ça m’empêchera pas du tout de me taper une autre fille assez rapidement ».


Il m’a dit : « T’inquiète pas, moi je serai entouré par mes amis, ma famille, mais j’espère que ce sera pas trop dur pour toi ».
J’ai compris :  « T’es une pauvre fille esseulée, sans famille, sans amis qui t’aiment ».


Il m’a dit : « J’en ai parlé avec ma sœur et un de mes amis, et c’est mieux qu’on arrête maintenant, si je te quitte plus tard, tu vas avoir encore plus mal. »
J’ai compris : « J’essaie de me donner le beau rôle et de te préserver ».


Quand j’ai affirmé qu’il ne m’avait jamais aimé en presque 8 mois de relation, il m’a dit : « Je ne sais pas, tu as peut-être raison ».
J’ai compris : « J’avais pas fait gaffe, mais c’est vrai : tu n’as pas trop compté pour moi et j’aurais aimé m’en rendre compte avant ».


Et quand je lui ai parlé de mes doutes, datant d’il y a plusieurs mois, il m’a simplement dit :  » T’aurais dû me quitter plus tôt en fait ».
J’ai compris : « Pas de chance, meuf ! Si t’avais été plus courageuse il y a quelques mois, on en serait pas là aujourd’hui »

-Par Louise

A suivre… Épisode 63

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