Épisode 34 : ces collègues insupportables qu’on a tous connus

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Précédemment : Épisode 33 : les petits agacements au bureau

L’enfer, c’est les autres (au boulot)

Beaucoup de choses nous agacent au quotidien, au bureau. Se lever, c’est déjà difficile. Subir un management pourri et des réflexions déplacées du N+1… Mais le pire, c’est quand les collègues de travail s’y mettent et qu’ils deviennent DES GROS RELOUS.

C’était un vendredi soir printanier et tout notre squad s’était donné rendez-vous au QG (chez Marc et Gaëlle donc), pour trinquer joyeusement à l’arrivée d’un week-end de trois jours et la fin d’une horrible semaine. Luke commença les hostilités en se plaignant de ce collègue, incompétent au possible mais pistonné parce que « fils de » (en l’occurrence fils du DRH). Ce type était d’une utilité inversement proportionnelle à sa prétention. Un comportement qui ulcérait Luke : « Quand t’es mauvais comme un cul et que t’es là simplement parce que Papounet t’a placé, tu te la joues discrète, non ? Bah non ! Le p’tit puceau joue son chef dans les bureaux alors qu’on passe nos journées à rattraper ses conneries. Je suis sûr que si on était dans l’émission Patron Incognito (M6), même son père serait consterné par l’attitude despotique et l’inaptitude flagrante de son branleur de fils… ».

« Quand t’es mauvais comme un cul et que t’es là simplement parce que Papounet t’a placé, tu te la joues discrète, non ? »

En pointant du doigt, le « pistonné » de son service, Luke venait de lancer un débat enflammé au cours duquel chacun s’était mis à évoquer les personnages désagréables du boulot. Enfin… « chacun »… pas tout à fait. Naomi et Anna étaient absentes de cette soirée (l’une pour cause de flirt naissant, l’autre pour cause de gueule de bois cuisante) tout comme Marc qui usait de son droit de réserve et conservait son flegme so british en refusant de nous donner quelconques indices sur son quotidien professionnel. Un silence que Luke et moi avons évidemment interprété comme une preuve irréfutable supplémentaire que Marc était forcément un agent secret, comme Archer. Mais chut… il vaut mieux ne rien dire de plus sur le mystérieux emploi de Marc qui « travaille pour le gouvernement ».

Chacun décrivait ci et là les connards de son bureau, conspuant la hiérarchie et crachant vertement sur ses pairs. De quoi établir une classification des collègues, valable évidemment pour les hommes comme pour les femmes. Et une évidence sautait aux yeux : ces profils pouvaient se retrouver dans n’importe quel secteur, n’importe quelle catégorie socio-professionnelle. Chacun d’entre nous avions déjà connu au moins l’un des types de collègues.

La classification universelle

Le pistonné incompétent

Caractéristiques : Il a un bon poste mais n’a ni le diplôme ni l’expérience pour le mériter. En général, il essaie d’être sympa pour compenser son imposture mais tout le monde sait qu’il est là parce qu’il a un lien plus ou moins direct avec une personne de la direction. Genre fils de la DRH, fille du PDG, cousin au huitième degré de la copine de la secrétaire en intérim qui travaille dans le même bureau que la comptable… Le problème, c’est que comme il est nul, il faut passer derrière lui pour rattraper ses erreurs et tout le monde perd du temps. La phase que l’on dit souvent de lui « Mais putain, comment ça se fait qu’il a encore un boulot, lui ?! ». Mais on ne peut pas le virer parce que Papa (ou Maman) veille.
Taux d’agacement : 60%

Les parents relous

Caractéristiques : Tous les lundis, ils se retrouvent dans leur secte et débattent des progrès de leurs brillants enfants. Les parents ne sont plus des individus, des professionnels exerçant un métier ou des êtres humains… Non, ils sont surtout et avant tout des parents. Et c’est la seule facette de leur vie qu’ils mettent en exergue même si elle est limitante. Tous les événements de leur vie doit être raconté par le prisme de leurs gosses. Et ceux qui n’ont pas d’enfants ? Les parents s’en moquent car eux, ils ont donné la vie. Donc eux, ils ont la priorité sur tout le monde et ne ménageront pas la sensibilité de ces parias de la société qui n’ont pas (encore ?) fondé une famille. Ils ne se rendent pas compte qu’ils sont agaçants et manifesteront une effroyable susceptibilité si vous osez leur suggérer d’évoquer un autre sujet. Car ils considéreront que vous démontrerez par ces critiques que vous êtes un monstre abject, au cœur de pierre qui déteste la naïveté et la candeur des bambins.
Taux d’agacement : 20 à 80% (en fonction de la régularité de ces jérémiades et la relation d’amitié avec ces collègues)

Le vieux jeune

Caractéristiques : Il a l’âge d’être votre père mais sort des expressions de « jeunes » extrêmement gênantes car obsolètes ou n’ayant jamais existé. Il se passionne pour Snapchat (le filtre chien le fait « grave gole-ri ») et peut dérouler un argumentaire pour justifier l’utilisation de Tinder. Il porte des t-shirts ringards censés être rigolos ou des polos et quand il s’apprête à partir en vacances, il dégaine sa chemise hawaïenne. Vieux qui se considère comme jeune car « après tout, l’âge c’est dans la tête », souvent un peu réac’ et misogyne sur les bords, il est aussi pesant que le tonton raciste qui plombe les traditionnels repas de famille. Dans les cas extrêmes, ce spécimen de collègue a déjà une calvitie et pour régler ce problème, trois options s’offrent à lui.
A)Il n’a pas encore compris qu’il perdait ses cheveux et constate simplement que son front est de plus en plus large et qu’il met donc de plus en plus de temps à se laver le visage.
B) Il a remarqué qu’il n’avait plus la même touffe soyeuse que jadis et tente de réorganiser sa pilosité crânienne pour dissimuler les trous.
C) Il a pris acte qu’il devenait vieux et fait une course contre le temps en tentant les implants. Mais c’est moche.
Taux d’agacement : 20% parce qu’il est ridicule mais n’a souvent pas un mauvais fond (sauf quand il est raciste auquel cas le niveau d’agacement monte à 200%).

Le lover raté

Caractéristiques : Ce collègue est convaincu d’avoir du charme et appelle les collègues féminines « ma belle », « ma jolie », « princesse », « poupée ». Célibataire ou non, il flirte ouvertement avec ses pairs (ainsi qu’avec la notion de harcèlement sexuel) au point de provoquer une gêne générale et palpable. Il est le Franck Dubosc du bureau. Et ce n’est pas un compliment.
Taux d’agacement : de 10 à 99 %, en fonction de son comportement

Le gros radin

Caractéristiques : Gentil… mais bizarrement absent quand il s’agit de faire des cadeaux communs lors d’un pot de départ. Et quand il participe à une collecte, il donne en général moins de 5 euros parce que « tu comprends, je ne le connais pas tant que ça ce collègue, hein ».
Taux d’agacement : 30%

 Le collègue trop corporate pour être honnête (aussi connu sous le surnom « La Taupe »)

Caractéristiques : Il est sympa, drôle, toujours enclin à donner un coup de main… mais tout le monde soupçonne ce collègue de travail de trop fraterniser avec la direction. Son comportement est trop louche pour être honnête : il ne semble jamais surpris lorsque les supérieurs hiérarchiques font des annonces importantes aux équipes ; lors des fêtes du bureau, il trinque souvent avec des patrons ; il défend toujours les intérêts de l’entreprise lors des pauses à la machine à café ; il n’hésite pas à vous faire des remarques à voix haute sur votre travail ou à mettre la direction en copie des mails de reproches qu’il vous formule ; il ne médit jamais sur la direction ; et vous êtes intimement convaincu qu’il répète au patron tout ce qui se dit entre collègues. Vous n’avez pas de preuve mais vous savez, vous sentez qu’il faut se méfier.
Taux d’agacement : 99%

Le couple pas discret

Caractéristiques : Tout le monde suppose qu’ils sortent ensemble, des rumeurs laissent entendre qu’ils l’ont fait au bureau… mais aucune preuve tangible ne vient étayer cette supposition. Du coup, prouver que ces deux collègues sont en couple est devenu la mission de tous les salariés du service : tout le monde joue le jeu de recueillir toutes les informations, de multiplier les sous-entendus et de recouper les agendas des protagonistes. In fine, tout le monde s’en fout, mais prendre ces deux collègues en flag’ constituerait une sorte d’accomplissement futile. De plus, cette enquête stimule les heures creuses au bureau.
Taux d’agacement : entre 0 et 20% (dépend de votre propre vie sentimentalo-sexuelle)

Le collègue qui se prend pour Otis

Caractéristiques : Collègue qui a toujours plein d’anecdotes à raconter et plus particulièrement quand vous êtes sous l’eau. Et quand il commence à s’exprimer avec l’enthousiasme d’un Fabrice Luchini, plus personne ne peut l’arrêter. Même si son interlocuteur ne le regarde pas ou se déplace, ce collègue trop bavard poursuit son monologue sans être perturbé. Il serait capable de poursuivre son discours à travers la porte des cabinets s’il vous prenait l’envie d’aller faire pipi en pensant trouver quelques minutes de répit.
Taux d’agacement : 30% à 60%

Le jeune prétentieux arriviste

Caractéristiques : Attention, profil très répandu. Le petit jeune d’une vingtaine d’années, très diplômé mais sans expérience professionnelle qui a néanmoins un avis sur tout ce que vous faites. Il est carriériste, il est ambitieux et s’exprime avec l’assurance d’un Emmanuel Macron. A l’entendre, il est déjà votre chef. Il ne compte pas ses heures, se fait mousser et récolte les lauriers pour son investissement démesuré. Les salariés de plus de 30 ans le regardent avec un profond agacement et une furieuse envie de lui péter les genoux… tout en sachant qu’il se cassera la gueule un jour. Et en raison de son manque d’humilité et d’un piédestal beaucoup trop haut, il tombera et se fera très, très mal. En tant que trentenaire (ou quadragénaire) ayant déjà un peu roulé sa bosse, vous savez que son investissement professionnel, se faisant au détriment de sa vie personnelle, se soldera probablement par un burn-out. Vous l’avez prévenu mais il est jeune et a déjà tout vu et tout fait…Alors qu’il aille se faire foutre.
Taux d’agacement : 250%

La langue de pute

Caractéristiques : Le collègue qui aime un peu trop les potins au point de les répéter, amplifier et déformer. Il serait capable de livetweeter un déjeuner au bureau pour raconter à la terre entière (ou au moins ses followers) que selon des rumeurs, la jeune étudiante en contrat pro, Cassandre, s’est enfermée dans le bureau avec le N+2, après les heures du bureau, la semaine dernière. Après ça, il paraît que Cassandre n’était plus la même, d’ailleurs il paraît qu’elle aurait eu une prime. Dingue pour un contrat pro, non ? Il paraît qu’elle aurait eu une promotion aussi : elle pourrait être garder en CDI à l’issue de son contrat. D’ailleurs, il paraît que le N+2 a quitté femme, enfants et chien pour se mettre en couple avec Cassandre. Et il paraît qu’ils se sont mariés en secret à Las Vegas et qu’elle a obtenu le poste de directrice régionale de la zone Amérique du sud. Tout ça en une semaine. Une information confirmée par les sources contradictoires du Gorafi.
Taux d’agacement : 80% quand c’est méchant (2% quand c’est drôle)

Le dépressif

Caractéristiques : Il n’a souri qu’une fois, en 1993. Depuis, sa vie est une oeuvre en monochrome noir. Une oeuvre posée dans le brouillard et l’obscurité d’une ruelle lugubre. Il ne rit pas aux blagues ou tente un rictus pour exprimer une volonté de contribuer à l’euphorie ambiante, il ne participe pas aux discussions générales, il boit peu quand il y a des goûters. Et à la cantoche, il mange des yaourts natures sans sucre et des brocolis à la vapeur. Une vie triste.
Taux d’agacement : 10%

Le collègue de travail bientôt retraité

Caractéristiques : Il est vieux et se fout de tout (*mode balek activé*). Jamais pressé, jamais stressé, il prend le temps de raconter son week-end tous les lundis alors que tout le monde a déjà plusieurs dossiers à régler. Il prend son temps à la cantoche (parce que « Oh, ça va… on n’est pas une demi-heure près »), il ne ramasse pas les objets qu’il fait tomber (parce que « Oh, ça va… ça ne tombera pas plus bas »), planifie sa retraite aux Maldives et parle tellement de ses petits-enfants que vous avez l’impression d’avoir été élevé avec eux.
Taux d’agacement : 10%

Le serial blagueur

Caractéristiques : Un sniper de la galéjade. Il a de la répartie comme Laurent Baffie et enchaîne blague sur blague en ne vous laissant aucun répit. Il est drôle, mais à la fin de la journée il  a quand même réussi à provoquer une migraine collective. On le tolère mais à petite dose.
Taux d’agacement : de 5 à 50%

Celui qui a un avis sur tout, tout le temps

Caractéristiques : Attention, profil très répandu. Inutile de le solliciter, il a une opinion à formuler et défendre activement. Quel que soit le sujet. La politique ? Il a un avis. Le conflit israélo-palestinien, il a un avis et va le développer dans un Powerpoint en 19 points. La cuisson du bœuf carottes de la cantine ? Il a un avis. Votre nouvelle coupe de cheveux ? Il a un avis. Votre chemise ? Il a aussi un avis. La série Netflix dont tout le monde parle ? Il ne l’a pas vue… mais il a QUAND MÊME un avis.
Taux d’agacement : 85%

Le blogueur

Caractéristiques : Se pensant doté d’une plume acclamée par un vaste public et enclin à penser qu’il peut devenir « influenceur », le blogueur est un collègue comme les autres (répondant probablement à l’une des descriptions ci-dessus). Différence notable : tout ce qu’il vit est susceptible d’être raconté sur son blog à l’audience limitée. Frustré, il utilise cet espace pour confier tout ce qui l’agace au point de confondre journal intime, revenge blog et espace de distraction. On ne sait jamais si ce qu’il écrit sur son blog est un lâche règlement de comptes qui nous est destiné… ou juste le fruit de son imagination d’artiste raté.
Taux d’agacement :  de 0 à 100 % (en fonction du destinataire des critiques).


A vous, maintenant !

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A suivreÉpisode 35 : comment draguer au bureau en six étapes

-Par Louise

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Episode 34 : les collègues insupportables
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Episode 34 : les collègues insupportables
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Tour d'horizon de ces profils de collègues qu'on a tous connus au moins une fois et qui nous tapent tellement sur les nerfs qu'on a envie de les gifler avec une pelle. Mais on ne le fait pas parce qu'on est civilisé.
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Nos 30 ans - Génération X/Y
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Une réponse

  1. JOANNA dit :

    c’est tellement ça !!

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