Épisode 2 : le jour où je me suis fait larguer

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Bon. Apparemment, je suis célibataire

Louise ColbertEt c’est là. Pile pour mon trentième anniversaire que l’homme que j’aimais depuis deux ans et demi avait choisi de me quitter dans un minable café parisien, un soir d’été. J’espérais faire ma vie avec lui, emménager prochainement avec lui et avoir des enfants mais lui avait pour principal projet… Je ne sais pas quel était ce projet mais une chose était sûre : je n’en faisais pas partie.

Il avait réalisé qu’en fait il ne se sentait pas prêt à s’engager avec moi. Après deux ans et demi de réflexion probablement très intensives.

 

Voldemort, ce sera son petit nom entre nous, avait en effet soudainement réalisé qu’en fait il ne se sentait pas prêt à s’engager avec moi et qu’il était perdu dans sa vie : “Je t’aime mais je ne suis pas sûr de vouloir des enfants et d’être prêt pour ça. Je n’arrive déjà pas à m’occuper de moi”. Tout en sous-entendus nébuleux et sans jamais prononcer explicitement les mots “Séparation”, “Rupture”, “C’est fini entre nous” ou encore “Va te faire foutre connasse”, il venait de tourner la page de notre histoire en misant sur mon sens de la déduction pour comprendre que c’était bien terminé. C’est con, je venais de réaliser que j’étais peut-être un peu insupportable et j’étais prête à faire des efforts par amour, en ce sens. Bon. Inutile, du coup.

Mais pourquoi ? Que s’est-il passé?

J’étais évidemment dévastée d’être ainsi rejetée et dire que je me sentais humiliée serait un euphémisme : comment ai-je fait pour ne pas vouloir donner de sens à ces signes que j’avais pourtant vus? Pourquoi n’ai-je pas voulu comprendre l’évidence, à savoir qu’il ne m’aimait plus voire qu’il m’avait très probablement jamais aimé?

Mais surtout, j’étais surprise : six mois auparavant, la question des enfants avait été posée et il était “sûr” que je serai la mère de ceux-ci. Que s’était-il passé en six mois? Et pourquoi attendre aussi longtemps ? Et pourquoi attendre mon putain de trentieme anniversaire surtout ? Par sadisme? Est-ce qu’il cherchait là à me faire plus de mal que ce que j’avais pu lui faire au cours de notre relation? Etait-il juste un enfoiré ? Difficile à déterminer.

Je pensais être suffisamment extraordinaire pour être préservée de ça

De plus, ma surprise était exacerbée par le fait que je pensais être suffisamment extraordinaire (et naïvement aimée) pour être préservée de ce truc désagréable que vivaient les autres couples : la rupture, un événement pourtant universel. Et j’étais également surprise puisque finir la soirée à geindre et agoniser en position fœtale n’était normalement pas à l’ordre du jour pour fêter mes 30 ans. Un trentième anniversaire, ça se célèbre en buvant et en portant une tenue ridicule, non ?

Les phrases clichés de la rupture

Visiblement rompu à l’exercice de la rupture grâce au binge-watching de (trop) nombreuses séries, Voldemort avait pris soin d’énumérer tous les poncifs de la séparation civilisée :
“Blabla… tu mérites mieux que moi”,
“Blabla, j’aimerais qu’on reste amis”
“Blabla, je m’en veux de te faire du mal”
“Blabla, mais je t’assure j’étais sincère quand je disais que tu étais la femme de ma vie il y a encore un mois”
“Blabla, j’aurais aimé que ça continue”
.

Tous les projets explosent un à un dans ma tête

Abasourdie, me sentant trahie et totalement naïve d’avoir cru à ses belles paroles visiblement infondées, j’ai tenté de rester digne pendant qu’il me déroulait son argumentaire alors que je pleurais en silence, imaginant mes projets et mes convictions se faire pulvériser un à un. Dans ma tête, ça s’est passé à peu près comme ça :

“Bah alors, Louise, tu pensais que tu savais détecter les salauds?” Raté.

« Tu pensais que c’était un gentil, qu’il ne te ferait jamais de mal? »  Raté.

« Tu pensais que tu aurais une multitude de bébés (bon… deux) avec lui?”  Raté.

« Tu pensais vieillir à ses côtés? » Raté.

« Tu pensais qu’il t’aimait? » Méga raté.

Je souhaitais simplement le voir souffrir atrocement.

Un séisme émotionnel entre colère et tristesse

J’ai tenté de rester élégante, dans ce café, pendant que mon premier vrai amour me brisait le cœur mais lorsqu’on pleure avec du mascara non waterproof, le niveau de dignité est inversement proportionnel à la longueur des traces dégueulasses laissées sur les joues par le maquillage.

C’est donc sans dignité, sans classe et avec un regard de panda, que j’ai quitté ce café, lieu dans lequel il venait de me broyer le cœur, en lui souhaitant une “bonne continuation”. Pour être honnête, ce “bonne continuation” pouvait en réalité se traduire, plus ou moins, par “J’aimerais que tu crèves du tétanos après t’être fait enfoncer un cutter rouillé dans l’urètre”. C’est immature et indécent ? Oui. Je venais d’avoir 30 ans, ma première histoire d’amour sérieuse se terminait et je me faisais larguer par l’homme avec lequel j’envisageais de faire ma vie: il ne fallait pas imaginer une once de maturité de ma part. Je souhaitais simplement le voir souffrir atrocement. De façon violente, genre écrasé par Godzilla ou victime d’une fulgurante et bruyante gastro-entérite au bureau.

« Je réalisais qu’en 30 ans de vie, je n’avais jamais été aimée par un homme : je trouvais ça injuste »

Ma première véritable histoire d’amour

Moi qui accordais difficilement ma confiance, et plus particulièrement aux hommes, je me sentais idiote d’avoir voulu croire qu’il était différent. J’espérais tellement qu’après être tombée sur des pauvres types qui ne me respectaient pas, celui-là était le bon : la chute était rude. D’autant plus que je réalisais qu’en 30 ans de vie, je n’avais jamais été aimée par un homme : je trouvais ça injuste. J’espérais qu’il s’agissait d’une mauvaise passe pour lui et qu’il reviendrait vers moi quand tout irait mieux dans sa vie et qu’il me ferait une grande déclaration d’amour… puis, j’ai rapidement pensé qu’il y avait une autre fille, j’avais d’ailleurs déjà une piste sérieuse en tête.

“J’aimerais que tu crèves du tétanos après t’être fait enfoncer un cutter rouillé dans l’urètre”

Alors esseulée, partagée entre la colère (pas encore salvatrice) et l’infinie tristesse, j’ai tenté de trouver un moyen de faire mon deuil… Je ne savais pas encore que ce processus serait compliqué par un autre événement :  quand il a réussi à me re-briser le coeur quelques jours après


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Episode 2 : le jour où je me suis fait larguer
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Episode 2 : le jour où je me suis fait larguer
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Louise était amoureuse de ce garçon : ils étaient ensemble depuis plus de deux ans et avaient plein de projets. Mais il n'était pas prêt pour ça et a attendu trop longtemps pour le lui dire. Comble de la douleur, il a fait cette annonce pour le 30eme anniversaire de Louise.
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Nos 30 ans - Génération X/Y
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