« A 30 ans, tu subis des pressions, à 40 tu t’affranchis » – #30, le mag


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Période charnière, bilan d’une vie professionnelle et/ou affective, remise en question… A  la trentaine, les interrogations existentielles sont légion : « Pourquoi je fais ce boulot alors que je voulais être écrivain ? » ; « Pourquoi je suis célibataire ? » ; « Pourquoi je suis encore en France alors que je me voyais vivre aux States ? » ; « Pourquoi j’ai toujours pas d’enfant ? » ; « Pourquoi j’arrive pas à couper clairement le cordon avec une mère toxique ? » ; « Avec un pote égocentrique ? » ; « Pourquoi je ne suis pas satisfait(e) de ma vie ? » ; « Pourquoi je prends autant sur moi pour ne pas dire à mon collègue que j’ai envie de le voir se rouler par terre dans son propre vomi tellement je le hais ? » ; « Pourquoi je n’ai pas exactement la vie que j’avais pourtant parfaitement bien idéalisée pendant la vingtaine ? »… Et tant d’autres.

« A 20 ans, tu construis ta vie par rapport ; à 30 ans, tu fais le bilan des actions de ta décennie passée et à 40 ans, t’en as plus rien à foutre de l’avis des autres »

30 ans : du doute, des craintes, des pressions que l’on s’inflige

Une crise de la trentaine ? Trop de pressions émanant de cette société qui conditionne à faire de nous de parfaits trentenaires marié(e)s, en CDI, avec 2.3 enfants, une Kangoo et un chien ? Ces questions étaient souvent au centre de conversations alcoolisées mais doublées d’un existentialisme certain dans mon groupe d’amis. Mais c’est un échange avec une collègue, de 10 ans mon aînée, qui a apporté un regard nouveau sur la trentaine. 

40 ans : s’aimer et faire preuve d’indulgence envers soi-même

« Non, mais Louise : tu n’as pas une vie de merde, tu as juste le mauvais regard sur la situation. A 20 ans, tu construis ta vie. A 30 ans, tu fais le bilan des actions de ta décennie passée et à 40 ans, tu mûris. T’en as plus rien à foutre de l’avis des autres et tu dis Fuck à tout ce qui t’emmerde. »

Ma collègue voulait visiblement me convaincre que j’allais vivre une décennie compliquée mais qu’au bout du tunnel se trouvait la lumière. Une lumière créée par 40 bougies.
« A la fin de la trentaine ou début de la quarantaine, tu comprends que tu dois t’affranchir de certaines contraintes, tu apprends donc à te préserver et tu apprends à mettre une distance salvatrice entre toi et les personnes qui ont une mauvaise influence ou dégagent de mauvaises ondes et ce, même si tu les aimes. C’est difficile de s’éloigner de ceux qu’on aime, mais c’est une forme de respect d’agir de la sorte surtout s’ils te font, même involontairement, du mal. »

« En vieillissant, tu comprends que ton inconscient t’a finalement peut-être évité de commettre de sacrées erreurs »

40 ans : mûrir et apprendre à lâcher prise 

Son discours trouvait un écho particulier après ma rupture et après toutes les histoires désastreuses voire destructrices que mes amis avaient également vécues.
Et ma collègue, psychologue de comptoir, de poursuivre : « Les séparations autour de 30 ans sont fréquentes : il y en a eu pas mal dans mon entourage vers cet âge-là. Cela paraît insurmontable sur le moment, mais tout le monde s’en remet : si ça s’est terminé, c’est que tu n’étais pas prête ou pas faite pour cette relation-là. Et c’est valable pour tes potes.  Tu n’as pas le poste à responsabilités que tu aurais aimé ? C’est peut être qu’inconsciemment, tu n’étais pas fait pour ce job raison pour laquelle tu ne t’es pas donné les moyens de l’atteindre. En vieillissant, tu te fixes des objectifs plus raisonnables et tu comprends que ton inconscient t’a finalement peut-être évité de commettre de sacrées erreurs, comme faire ta vie avec la mauvaise personne ou accepter un job dans lequel tu aurais été malheureuse. On grandit, on mûrit et on évolue : à 30 ans, tu as des regrets et des remords alors qu’à 40 ans, tu savoures ce que t’as réussi à acquérir et accomplir. Que ce soit un couple solide, un job fun avec des collègues amusants, une famille géniale, des enfants chiants mais adorables, un appart douillet… « 

40 ans, enfin une vie parfaite ? Pas exactement…

Donc… on est satisfait de sa vie à 40 ans ? « Non, on ne devient pas heureux soudainement à 40 piges. On se pose toujours des questions mais on tend à établir une hiérarchie dans sa vie et les rapports humains sont plus importants. Là où un jeune de 25 ans aura les dents longues et fera 70 heures par semaine pour se faire bien voir et décrocher une promotion, moi je préférerais travailler intensément… mais seulement 40 heures par semaine. De quoi me laisser du temps de voir mes gosses essayer de se noyer mutuellement dans les WC, de rendre visite à mes parents qui m’engueulent parce que je ne vais pas assez les voir, de passer des soirées à boire du vin rouge avec mes amis. Nos valeurs changent avec l’âge. C’est normal… »

Donc, faut-il en déduire que mes amis et moi en avons encore pour 10 ans à en chier avec ces questions existentielles et parfois insipides ? Et ma collègue de conclure avec cette sagesse déconcertantes : « Probablement, oui. Mais dis toi que c’est aussi 10 ans d’aventures et d’anecdotes parfaites pour alimenter ton blog ! Et puis, il n’y a pas de quoi se plaindre d’être dans la trentaine, parce que ça veut dire être né(e) dans les années 80. Et le Club Dorothée et Wham! ont déjà prouvé que les années 80 ont généré ce qu’il y avait de meilleur. »

Et c’est carrément vrai.

 

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"A 30 ans, tu subis des pressions, à 40 tu t'affranchis"
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"A 30 ans, tu subis des pressions, à 40 tu t'affranchis"
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Une collègue d'une quarantaine d'années me vante les avantages à quitter la décennie dans laquelle je viens à peine de rentrer.
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Nos 30 ans - Génération X/Y
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