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La petite histoire de la Why Not Factory (1/2) : l’incubateur d’entreprises

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Un magazine éducatif pour les enfants leur permettant d’apprendre grâce à leur passion (maracuja) ? Des prestations de chasse au trésor en milieu urbain pour les familles (histoires en cavale) ? Des tenues branchées pour votre chien (Museaux) ? Ces idées ont donné naissance à des entreprises initiées par des jeunes de moins de 30 ans, qui ont reçu un coup de pouce de l’ESAM. Cette école, appartenant au réseau IGS, accompagne des projets via son incubateur, la Why Not Factory. Yannick Roussel, le directeur de l’antenne parisienne de l’ESAM, nous dit plus sur cette factory.

L’ESAM et son positionnement

Quelle est la genèse de la Why Not Factory, l’incubateur de l’ESAM ?

Yannick Roussel : Depuis mon arrivée, il y a un an et demi, on a retravaillé un positionnement plus clair de l’ESAM,  entre la finance et le management avec une coloration internationale, sans oublier l’entrepreneuriat. La plupart des écoles en parlent mais ne le font pas : ils donnent des cours théoriques, mais ce n’est pas ça qui fait un entrepreneur. Donc, il y a 11 mois, on a lancé la Why Not Factory : j’ai fait appel à projets et j’ai reçu une vingtaine de candidatures. Toutes nos promos travaillent ensemble et nos jeunes se prennent au jeu : aujourd’hui, on est près de 140 dans l’incubateur. Dans les écoles françaises, la norme est de faire faire des tonnes de business plans aux étudiants et à la fin… la banque dit non pour le projet. Je schématise, bien sûr, mais on n’est pas loin. J’essaie de ne pas fonctionner comme ça à l’ESAM. Je pars du principe qu’on évolue avec eux : on voit si l’idée est porteuse, et si c’est le cas, là on fait des business plans pour séduire des financiers. Cette façon de fonctionner, très pragmatique, plaît beaucoup aux étudiants et c’est pour ça qu’ils sont aussi nombreux.

Comment fonctionne cet incubateur ?

En fait, il y a un côté pépinière, où l’on traite l’idée, on la teste, on fait un business model avec les coachs. Et une fois que l’on voit que les projets sont à peu près mûrs, on fait « pitcher » les jeunes – seule condition impérative- pour intégrer l’incubateur. Imposer ce pitch permet de déterminer s’ils sont capables de construire une histoire autour de leur idée et s’ils savent s’adresser au marché. J’ai moi-même créé quatre entreprises et comme je dis toujours : s’il n’y a pas de clients, il n’y aura pas de société. Pour résumer, les principes de la Why Not Factory sont simples : on rentre comme dans un moulin, on présente son idée, on regarde si l’idée est bonne et on l’accompagne jusqu’à la création de l’entreprise. On commence en amphi, tous les 15 jours, avec des cercles d’étudiants qui travaillent entre eux, accompagnés par des coachs.

Une collaboration win-win

Comment fonctionne ce mentorat ? Quel est l’intérêt pour ces coachs de travailler avec ces incubés ?

On a mis en place un écosystème dynamique avec des coachs, tous des professionnels, qui se relaient pour assurer deux types de suivi. Il y a d’abord le coaching en groupe, au sein de la pépinière : ce sont des coachs qui font de l’animation de groupe tous les 15 jours. Ensuite, quand les étudiants passent dans l’incubateur, ils bénéficient du ticketing. Ils disposent de  10 tickets et consomment la compétence voulue pour l’élaboration de leur projet par ticket (aide juridique, conseil financier……). C’est une façon, pour nous, de connaître le nombre d’heures et les compétences les plus utilisées. Sans surprise, l’avocat est souvent très sollicité au début, pour le lancement d’une entreprise. Même si ce dernier gagne moins d’argent qu’avec sa clientèle-type, l’avocat trouve son intérêt en gagnant de futurs nouveaux clients grâce à la relation de confiance qui se sera déjà installée avec ces jeunes entrepreneurs. C’est un jeu gagnant-gagnant. Pour protéger les projets de nos étudiants, on a instauré quelques règles de bon sens comme, par exemple, un contrat de confidentialité, l’obligation d’un business model ou encore l’interdiction d’échanges marchands au sein de l’incubateur. En cas de besoin d’un savoir-faire, en dehors de nos coachs, ils s’entraident grâce au troc de compétences. Pas d’argent.

Quel est le bénéfice pour l’ESAM ?

D’abord, on se dit que l’idée de la Why Not Factory n’est pas si mal si des sociétés arrivent à se créer. Et, soyons honnêtes, en termes d’image pour l’entrepreneuriat et pour notre marque, c’est important. L’ESAM a du mal à exister parmi les autres grandes écoles, alors qu’on fait du bon boulot. Et le succès de ces étudiants est un bon moyen de faire parler de nous et de montrer ce que l’on propose : ils sont notre meilleure carte de visite.

La Why Not Factory et la passion d’entreprendre

Y a-t-il des projets écartés car trop fragiles sur le papier ?

Il ne faut pas retoquer les projets, car les mauvais meurent d’eux-mêmes. Je me rends bien sûr compte quand un business model est fragile, mais nos étudiants doivent aussi apprendre et s’en apercevoir d’eux-même. L’échec fait partie de l’entrepreneuriat. A côté de ça, tous nos jeunes sont très impliqués et lancent de très belles boîtes. Les idées sont souvent simples, mais bien développées. Ceux qui ont créé des entreprises qui fonctionnent bénéficient du statut de « pépite », puisqu’on a adhéré au réseau pépite, et ont ainsi un statut officiel d’étudiants-entrepreneurs.

Vous affirmez que 10% des diplômés créent leur entreprise. C’est une tendance à la hausse ?

Oui, nettement et on continue de travailler là dessus. Nous sommes d’autant plus fiers que l’ESAM dope l’entrepreneuriat pour le groupe IGS et peut se prévaloir de proposer l’entrepreneuriat de façon pragmatique. De plus, les écoles sont évaluées et rankées sur plusieurs critères, dont celui là.

Parmi les jeunes qui se lancent dans l’entrepreneuriat, constatez-vous une différence selon le sexe ?

Ce n’est pas la même façon d’entreprendre, je pense. Ma perception de la situation est peut-être un peu biaisée parce que je suis un homme, mais je trouve que les jeunes femmes sont un peu plus accrocheuses, n’hésitant pas à travailler aussi sur leur projet, pendant leur temps libre. Elles semblent insister, s’accrocher et s’engager davantage.

Vers une nouvelle pédagogie

Qu’est-ce que la Why Not Factory change dans la façon d’enseigner à l’ESAM ?

Assez régulièrement, je fais des déjeuners avec des élèves délégués, et on travaille ensemble sur l’enseignement de l’année d’après. Je considère que les étudiants sont les mieux placés pour me parler de la pédagogie, ici. On travaille pour tester les cours volontaires : ne plus obliger les jeunes à venir étudier, mais les inciter à venir d’eux-mêmes. Dans ce sens, on propose des Créateliers, des soirées libres au cours desquelles des experts prennent la parole. Ces soirées ont beaucoup de succès, c’est plein tout le temps, depuis le lancement il y a 5 mois.  En outre, la Why Not Factory nous permet de tester beaucoup de choses. On a créé une data factory qui consiste à réaliser un job dating entre des starstups et notre pool de financiers. On a remarqué que, souvent, les startups négligent la finance. On a donc déjà  une demi-douzaine de jeunes intégrés dans ces startups en tant que conseillers financiers.

 

L’ESAM en quelques mots

Créée en 1987, l’ESAM est l’une des huit filières du groupe IGS spécialisée dans la finance d’entreprise et le management stratégique avec une coloration internationale. Dirigée depuis un peu plus d’un an par Yannick Roussel pour son antenne parisienne (et Isabelle Chriqui-Darfeuille pour l’antenne lyonnaise), l’école veut proposer « la construction d’un parcours individualisé qui repose sur une philosophie humaniste, entrepreneuriale et professionnelle et une exposition permanente à l’international et à l’esprit d’entreprendre ». Cycle bachelor professionnel, cycle mastère professionnel, MBA (un nouveau MBA KIE – Knowledge Innovation and Entrepreneurship sera prochainement proposé, renforçant ainsi la coloration internationale), l’ESAM se félicite de bons chiffres : 90% de CDI au premier emploi, 92 % d’insertion professionnelle dans les 6 mois après le diplôme et 10 % de création d’entreprise chez les diplômés.

Plus d’informations concernant l’admission, dès post-bac,  à l’ESAM : ici.

-Par Allyson

Prochainement > La petite histoire de la Why Not Factory (2/2) : ces idées transformées en entreprise

 

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