Pourquoi reproduit-on le même schéma amoureux toxique? – Parole d’Experte

Illustration de Marjorie Cambier pour première interviewReading Time: 3 minutes

Dans votre coin, vous vous posez des questions sur votre vie amoureuse ou votre vie sexuelle, hésitant parfois à en débriefer même avec vos amies proches ? Heureusement, « Nos 30 ans (et plus) » est là. Après notre appel à témoins sur Facebook pour recueillir vos interrogations, l’experte Marjorie Cambier, psychologue et sexothérapeute, a accepté de répondre aux questions que l’on se pose toutes à un moment de notre vie et balaiera plusieurs sujets différents. Schémas amoureux toxiques, relations avec les ex, traumatismes sexuels, drague, rupture… Notre Experte développera ses réponses sur diverses thématiques.

Au cours de plusieurs épisodes, elle apportera ainsi son regard et son expertise pour nous apporter des éléments de réponse à nos interrogations. Cette semaine, Marjorie Cambier s’intéresse aux schémas amoureux que l’on reproduit plus ou moins consciemment et aux prémices de la rupture.

Reproduire le même schéma amoureux

Chaque relation est une expérience qui vient nous apprendre quelque chose

Nos 30 ans (et plus) : Pourquoi avons-nous tendance à reproduire le même schéma amoureux, même en ayant conscience de sa toxicité ?
Marjorie Cambier : « Généralement parce que cela vient réactiver des schémas d’attachement plus anciens. Il faut savoir que nos modèles d’attachement amoureux se sont eux-même constitués par rapport à nos modèles d’attachement archaïques, notamment envers nos figures parentales. Ces schémas ont été activés tôt dans la vie, puis se sont renforcés au fil des années, au fur et à mesure des relations, rencontres, etc. Il est donc difficile d’en sortir, même si on a conscience de leur toxicité. Une stratégie efficace pour en sortir serait justement de travailler sur son type d’attachement, en remontant aux premières années de sa vie.« 

Nos 30 ans (et plus) : Que penser du syndrome de la « lucky girl » ? Pourquoi certaines femmes pensent n’être que des « transitions » pour les hommes qu’elles fréquentent ?
Marjorie Cambier : « Ces femmes ont certainement remarqué un schéma répétitif qui s’est dessiné au fil du temps. Aucun schéma répétitif n’est anodin, et renseigne énormément la personne qui le vit. Je m’interrogerais sur le type d’hommes vers qui elles se tournent, et leur demanderai ce que ce schéma particulier vient réactiver, pourquoi ce type d’hommes, etc. Elles arriveraient alors à comprendre l’origine de ce schéma, ce qu’il vient nourrir chez elles, et pourraient en sortir. Pour ma part, je ne pense pas qu’il existe des transitions, mais que chaque relation est une expérience qui vient nous apprendre quelque chose. Il ne s’agissait vraisemblablement pas du grand amour pour elles, alors que tirer de ces expériences, que changer, que mettre en place pour que ce soit le cas la prochaine fois ?« 

Il est difficile de parler de couple si une grande partie de ce qui nourrit la relation a disparu.

Le début de la rupture

Nos 30 ans (et plus) : Quand il n’y a plus de communication, plus de complicité, plus de sexe… Est-ce encore un couple ? 
Marjorie Cambier : « Que reste-t-il à ce moment-là ? Je dirais des habitudes, des routines, une vie quotidienne… Mais ce n’est malheureusement pas cela qui constitue le cœur d’une relation, d’autant plus d’une relation de couple. Il est donc difficile de parler de couple, si une grande partie de ce qui nourrit la relation a disparu. Il peut cela dit subsister la dynamique familiale, si le couple a des enfants… Mais quel modèle de couple pour ces derniers ?« 

Nos 30 ans (et plus) : Que traduit cette « tendance » de ne plus parler à un ex tout en continuant à interagir avec lui (elle) sur ses réseaux sociaux ? (= mode de l’orbiting
Marjorie Cambier : « On peut interpréter cette nouvelle tendance évoluée du ghosting de différentes manières :
Il peut s’agir d’une volonté de ne pas totalement rompre le lien ; on se laisse la possibilité de reprendre contact. On se situe là dans une logique un peu utilitariste : on ne sait jamais, garder contact peut servir !
Dans le cas des ex, il peut s’agir d’une certaine forme de curiosité un peu malsaine : « Tiens, que fait l’autre, qui voit-il, comment est sa vie, etc. », dans une perspective cette fois de comparaison, mais également peut-être utilitariste : on peut changer d’avis et revenir sur sa décision si ce qu’on voit finalement nous plaît ! Ou alors, on est dans quelque chose de l’ordre du voyeurisme et / ou de la jalousie, on espionne pour voir où en est l’autre dans sa vie, s’il / elle a quelqu’un, etc. Il peut enfin s’agir d’un moyen peu coûteux d’entretenir la relation avec un minimum d’effort, dans cette même perspective. On se situe tout de même là dans une logique assez individualiste : les intérêts personnels avant tout.« 

Présentation de Marjorie Cambier

 

Retrouvez Marjorie Cambier sur le Web :
www.sexopsy-cambier.com
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Instagram  

 

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