Épisode 64 : La panne

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Précédemment >> Épisode 63 : La fin de notre histoire 2/2

Blackout

Remise de ma rupture, je n’étais néanmoins pas encore tout à fait « single and ready to mingle ». J’avais désormais envie de prendre un peu de temps pour moi pour renouer avec mon célibat avec positivité et soigner mon environnement pour y injecter plein de bonnes ondes et d’amour. J’avais envie de passer du temps avec ceux que j’aimais et qui m’appréciaient en retour. Et quand j’ai constaté que je n’avais personne à recenser pour remplir mon post-it -l’angoisse- j’ai alors songé à passer plus de temps avec mes potes.

 

Vacances, j’oublie tout…

Grâce à son CE, Luke, mon BFF, avait organisé un week-end pour nous tous dans des chalets isolés, à la montagne. A ma grande surprise, tout le monde avait trouvé un moyen de se libérer pour 3 jours d’isolement social. Loin de la ville, loin des collègues, loin du patron, loin des problèmes de thune, loin des problèmes de boulot, loin de la pollution, loin de nos bourreaux, loin de la civilisation. Loin du soleil aussi puisque nous avions décidé de partir en plein mois de novembre.

Novembre. Une brillante idée de merde.

Malaiiiiiise

A 19h30, après plusieurs heures de route avec Nostalgie à fond dans les voitures, nous arrivâmes devant ces grands chalets mitoyens prêts à accueillir -entre autres- nos confessions avinées de fin de soirée. A peine sortis des véhicules, notre première réaction a été vive, authentique, unanime et impossible à contenir : « Putain de merde, c’est quoi ce décor de film d’horreur ? « . Avec la nuit tombée, le brouillard épais -angoissant pour quiconque a lu The Mist (Stephen King)- les nombreux arbres entourant les maisonnées et le peu de voisinage, les lieux ressemblaient à ces films où des adolescents se font tour à tour trucider parce qu’ils estiment malin de se séparer pour découvrir l’origine d’un bruit chelou. Autant vous dire qu’on était loin des hôtels 4 étoiles All Inclusive dans lesquels Alex et moi avions l’habitude de partir en vacances…

Luke était convaincu que ces chalets avaient été construits sur un ancien cimetière indien et que l’on trouverait certainement dans un tiroir, un livre diabolique relié en peau humaine. Oui, c’est ça : un Necronomicon, façon Evil Dead.

Du coup, étions-nous pétris de terreur ? Et bien…Un peu, oui.

Décor très… Desigual

A l’intéterieur, odeur de renfermé, poussière sur tous les meubles et look vintage (enfin, vieux)… les lieux n’avaient visiblement pas été visités depuis un moment. Mais à peine arrivés, nous songeâmes au plus important :
1- Ranger l’alcool
2- Faire le partage des chambres.

En toute logique, Gaëlle et Marc eurent la même chambre, même s’il nous semblait compliqué qu’une quelconque envie de coït leur traverse l’esprit, vu le décor gentiment stressant. Naomi et Anna partagèrent leur lieu de vie, Alexandra et Greg bénéficièrent de la plus grande chambre ; en bon geek, Luke resta dans le salon (seul lieu où l’on captait un peu Internet) et j’étais seule dans la plus petite chambre qui faisait quand même 19m². Une chambre qui avait pour décor : le cirque. AVEC UN PUTAIN DE CLOWN. Une marionnette d’1,50m prostrée dans un coin de la pièce. Non, mais sérieusement ? Comme si l’environnement, le papier peint à chier et ce brouillard à la con ne suffisaient pas, il fallait en plus que je dorme dans la même pièce que « ça ». Avais-je une peur panique des clowns ? OUI, COMME TOUS LES TRENTENAIRES TRAUMATISÉS PAR CE TÉLÉFILM. Merci Stephen King d’avoir réussi à jeter une nappe d’angoisse sur un innocent brouillard et un sympathique clown.

Vous dire que les lieux étaient glauques serait un euphémisme : les motifs des papiers peints disposés dans les chambres donnaient l’inquiétante impression d’être enfermés dans les ateliers secrets de Desigual. Les luminaires du plafond grésillaient, menaçant de s’éteindre à tout moment et leur désagréable clignotement pouvait certainement provoquer des crises d’épilepsie. Et il n’y a pas que la vue qui était agressée, un autre sens était malmené : une prégnante odeur de maison de retraite en fin de journée nous brûlait les poils de nez. Mais la plus grosse frayeur a probablement été provoquée par l’absence de décodeur TNT HD nous empêchant d’avoir une connexion même unilatérale avec le monde civilisé extérieur.

Nous allions donc passer 3 jours sans les nouvelles anxiogènes de BFM TV, sans les émissions affligeantes de C8 et NRJ12 et sans les programmes de divertissement minables et dénués de créativité de TF1 et M6.
Ah bah… c’était peut-être une bonne nouvelle, en fait.

La panne

Rapidement, Gaëlle et Naomi organisèrent un planning pour ventiler les tâches et éviter que ce week end devienne le théâtre de petits meurtres entre amis. Luke et Marc commencèrent à préparer le dîner, Anna et moi nous concentrions sur l’élaboration de l’apéro et l’ouverture des bouteilles de vin. Quant à Greg, il était plongé dans le guide du routard local, persuadé qu’il allait se cultiver ici pendant le week end. Doux rêveur.

A 20h30, chacun était attelé à sa tâche, dans un brouhaha discret mais convivial, quand une coupure d’électricité coupa net l’élan général. Après diverses vérifications et le constat très clair qu’il était hors de question de sortir de ces chalets pour jouer les techniciens EDF, nous nous mîmes d’accord pour tenir la plus logique et efficace des attitudes : ne rien faire et attendre. Comportement classique qui suit en général le top 1 des meilleures actions consistant à éteindre et rallumer.

Scary Movie

Après 15 minutes dans cette oppressante obscurité, nous trouvâmes des bougies et des plaids pour nous accompagner. En bon fan de films d’horreur, Luke trouva que la situation était opportune pour nous raconter des histoires terrifiantes. Flipette, Anna proposa une déclinaison en suggérant plutôt une mise en scène horrifique des nos « histoires de lose ». Ce qui, arrivé à 30 ans, revenait un peu au même.

Gaëlle avait une histoire de vengeance foireuse qui était arrivé à une copine, Naomi voulait raconter sa « tournée des ex » et Alexandra tenait entre ses mains la plus terrifiante histoire : sa vie sexuelle frustrante avec un mauvais amant ET éjaculateur précoce (les deux n’étant pas forcément liés). Pendant 3 ans. 3 looooongues années, sans orgasme.

Mais sur les conseils de Luke, c’est moi qui commença avec, en bonne loser, mon angoissante histoire de « friendzone »…

A suivre…

 

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