Épisode 60 : sa déclaration d’amour… et le début du malaise

Reading Time: 5 minutes

Précédemment – Épisode 59 : notre premier baiser (et une enquête pour le cerner)

What is love ? Baby, don’t hurt me (Haddaway)

Roi de la répartie, je suis fan

La première fois que Monsieur Connard m’a conviée chez lui, c’était…atypique. Il avait prévu des bougies, avait lancé Careless Whisper – ma chanson d’amour préférée- et m’avait proposé un verre. Je ne pensais pas que cela m’arriverait un jour, mais oui : il a osé. Ce fan des Nuls m’a proposé…. un verre de whisky. Et le dialogue s’est naturellement enchaîné.


Evidemment, cela nous a fait rire parce que les Nuls sont des génies, mais aussi parce qu’on remarquait qu’on était sur la même longueur d’onde. Je me sentais bien parce que mon humour était compris et partagé, cette fois. Pendant qu’il me servait « un doigt de whisky », je pianotais frénétiquement un message au girlz squad sur Whatsapp afin de leur indiquer l’adresse de l’appartement de Monsieur Connard, et les prévenir que je laissais ouverte l’application Localiser mes amis, au cas où il me violait, me torturait, me découpait et mangeait mes organes à la plancha.

Il ne fit rien de tout cela et se comporta comme un gentleman. Ce soir là, nous avons parlé, parlé, beaucoup parlé. Enfin… il a beaucoup parlé, j’ai été contrainte de beaucoup écouter. Et son bavardage est allé jusqu’au lit où je pensais pourtant avoir enfin un peu de répit (et de sommeil). Raté. Il a brillamment inauguré notre première fois au lit. A peine la capote mise, il est entré en moi et s’est brièvement arrêté pour dire « Oh , it’s bigger on the inside ! ». Fan de Doctor Who un jour…

Trois mots

Tomber amoureuse, l’angoisse

Outre cette première nuit insolite, Monsieur Connard et mois avons partagé plein de bons moments. Je me sentais bien avec lui, apaisée. Je ne voyais pas les heures passer, il me manquait dès qu’on se quittait, j’avais envie d’être tout le temps dans ses bras. J’avais l’impression d’être à ma place quand j’étais avec lui. Pire : je me sentais amoureuse. Une sensation qui m’angoissait. J’avais tellement morflé lors de la rupture avec Voldemort que je n’étais pas sûre de vouloir retrouver cette sensation, parce que cela signifiait : risquer d’avoir mal.

Conditionnée comme si l’amour souffrait d’obsolescence programmée

Je me conditionnais déjà à ce que cette relation naissante se termine, comme si l’amour souffrait d’obsolescence programmée, et j’anticipais ma douleur. Étais-je suffisamment solide pour supporter une deuxième séparation douloureuse ? Est-ce que ça valait le coup de tomber amoureuse de Monsieur Connard ? Est-ce qu’on peut vraiment trouver des hommes normaux sur Adopteunmec ? Voulait-on la même chose pour l’avenir ? Je savais que je voulais me poser et avoir des enfants dans un avenir estimé à moins de 5 ans ; voulait-il la même chose ? Et s’il ne le voulait pas, était-il utile de poursuivre une relation destinée à s’arrêter pour désaccord irrémédiable sur la procréation ? Était-il un tueur en série de chatons, la nuit tombée ? Etait-il un fan de Jul ? Ou pire : de Cyril Hanouna ? Je le connaissais encore peu et me posais d’innombrables questions à son sujet. Et à me poser autant de questions, n’étais-je pas en train de saboter quelque chose qui commençait tout juste ? Diantre. Je me faisais un claquage de neurones…

L’amour se déclare, l’amour se prouve

Tomber amoureuse me déstabilisait, m’angoissait, me terrifiait. Mais j’avais envie de jouer franc-jeu avec lui. J’avais envie de lui dire que je l’aimais parce que j’étais bien avec lui et parce que tout semblait évident. Et c’est ça, l’amour non ? Je le sais parce que je m’aime beaucoup et j’adore passer du temps avec moi-même, donc en toute logique…
Alors on en a parlé, souriant comme des ados, en se promettant d’attendre notre premier mois officiellement en couple pour se dire « Je t’aime », même si pour lui, cela ressemblait davantage à une insignifiante formalité pour me faire plaisir. Il ne cessait de déclamer que l’amour devait se prouver quotidiennement plutôt que d’être déclaré. Je pensais que les deux étaient complémentaires.

Une jolie déclaration d’amour

Le dire, c’est bien… Le penser c’est mieux

Après trois semaines de romance, je bouillonnais -déjà (?!)- à l’idée de lui faire ma déclaration, tellement heureuse d’avoir tourné la page de mon ex. Mais je voulais qu’il le dise avant, en raison d’une fierté à la con. Un soir, il m’a envoyé un SMS : « Tu veux que je le dise en premier ? » . OUI. Oui, je le voulais. Bien sûr que je le voulais. Je voulais qu’il le dise mais surtout je voulais qu’il le pense, ardemment, passionnément, intensément, véritablement. J’avais envie… non, j’avais besoin de savoir que quelqu’un pouvait m’aimer.

« Une profonde douleur »

Mème mother of god

Putain. Mes oreilles.

Alors, après mon « oui » envoyé par SMS, il m’a appelé. Curieuse, j’ai décroché et au lieu du traditionnel « Je t’aime », il m’a chanté du Stevie Wonder  I just called to say I love you. C’était chanté extraordinairement faux au point que j’ai failli lui suggérer l’autotune tant j’avais senti mes tympans vriller à chaque mauvaise note, mais j’en avais les larmes aux yeux. Ce n’était pas seulement l’expression lacrymale d’une profonde douleur auditive, j’étais aussi touchée par l’une des plus jolies déclarations d’amour qu’on m’ait faites. A ce moment de notre relation avec Monsieur Connard, tout était absolument parfait. Nous étions amoureux ou du moins, nous pensions l’être. Nous étions sur un petit nuage et vivions le genre de bonheur égoïste qui fait du bien au moral et qui agace les autres célibataires.

Le premier sujet qui fâche : mon désir de maternité

Il est fier d’être avec moi… je crois

Les semaines qui suivirent étaient tout aussi intéressantes. J’étais flattée qu’il me présente à sa famille, que j’adorais, et ses amis, parce que j’avais l’impression que Monsieur Connard était fier d’être avec moi. J’avais l’impression de compter pour lui. Pas compter au point qu’il aurait pu donner sa vie pour moi, mais je suis presque sûre que je comptais pour lui au point qu’il aurait pu sacrifier son fondant au chocolat. Une partie de son fondant. C’est dire si notre relation était super intense !

Au bout de quelques mois, pourtant, j’ai senti que quelque chose clochait entre nous, sans mettre distinctement le doigt dessus. Ce n’était pas concret. J’avais senti un premier blocage quand je lui avais annoncé que je voulais des enfants et que j’aurai besoin de savoir s’il en voulait pour que l’on puisse construire -ou pas- notre histoire d’amour.

Parler bébé ? Le stress

Bien sûr, lui livrer mon envie de maternité était prématuré, mais je lui avais expliqué que le but n’était pas de prévoir contractuellement une date d’accouchement, ni de lui imposer une quelconque pression. Le but était juste de savoir si nous voulions la même chose pour l’avenir et si l’on pouvait se projeter ensemble dans les prochaines années, tout en gardant bien sûr à l’esprit que les aléas de la vie pouvaient perturber nos projets. J’avais compris que le sujet des enfants le mettait mal à l’aise et sa réaction était normale puisque nous étions au début de notre relation. J’ai néanmoins commencé à déceler qu’il n’avait pas l’air d’envisager grand chose avec moi dans un avenir à moyen ou long terme…

-Par Louise

A suivreÉpisode 61 : Nos disputes et nos incompréhensions

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :