Épisode 7 : la théorie d’Alex sur les hommes

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Alexandra, la plus dure envers les hommes

Alexandra
Voici Alex

A l’instar d’Anna, Alexandra avait également un sacré passé sentimental (elle revendiquait 37 amants) et donc une expérience solide de la gente masculine. Féministe ultra-féminine à la coupe de cheveux courte et impeccable, femme toujours perchée sur des talons vertigineux, responsable d’un service commercial dans une très grosse entreprise d’informatique, businesswoman accomplie et indépendante, Alex avait des principes très clairs : les hommes étaient à son service. Un caractère bien trempé qui faisait des merveilles au bureau où elle était parfaitement redoutable, mais qui compliquait ses relations sociales. Pour dire les choses simplement, dans des termes moins policés : même avec moi, elle pouvait être une sacrée casse-burnes.

42 ans et une sacrée cuirasse

Cette cuirasse forgée au cours de ses 42 années d’existence résultait d’une éducation antillaise stricte -un point commun qui nous a rapprochées- et surtout d’un chagrin d’amour vécu à 31 ans qui l’avait profondément traumatisée. Depuis, elle s’imposait la règle des trois rendez-vous max avec chaque homme et aucun n’était autorisé à dormir chez elle: « Je veux pouvoir me lever en pleine nuit pour faire caca sans avoir la crainte de casser un quelconque début de magie. Et pour chier tranquille, je préfère vivre seule » expliquait-elle. Un argument qui se tient. Quand je l’ai sollicitée pour tenter de comprendre les hommes, elle a tenté d’élaborer une théorie pour ranger nos amis masculins dans des différentes catégories.

Echange de bons procédés : avant de m’offrir son éclairage sur la grande question du sens de la vie* et de l’amour, je devais subir un cours de zumba en sa compagnie. C’est donc après une heure intensive de danse rythmique réalisée avec une absence totale de coordination (et après avoir été victime d’une fulgurante descente d’organes), que j’interrogeais enfin Alexandra sur les hommes et surtout ce que veulent les hommes.

« Je veux pouvoir me lever en pleine nuit pour faire caca sans casser un quelconque début de magie » 

« -C’est très simple, Louise. Il y a ceux qui sont déjà des enfoirés et ceux qui vont le devenir.
-C’est pas un peu réducteur, ça?
-Disons qu’il y a les infidèles notoires pour qui l’adultère est aussi naturel que respirer parce qu’ils ont besoin de se rassurer. Ils sont frustrés au travail et/ou dans leur vie de couple, et tentent de raviver leur ego de mâle en séduisant à tout va. Et il y a ceux qui n’ont pas encore franchi le cap : parce qu’ils ont des valeurs -qui ne résistent pas longtemps-, parce qu’ils n’ont pas encore eu l’opportunité, parce qu’ils ont trop à perdre, parce qu’ils sont complexés. Mais si toutes les conditions sont réunies, ils tromperont leur moitié et deviendront des salauds. Je pense que l’homme est programmé pour décevoir la femme.

« Les hommes sont tous des putes » (selon Alexandra)

– Tu présentes ça comme s’ils étaient toujours responsables et que nous, en tant que femmes, subissions forcément leurs pulsions… Il y a aussi des femmes un peu connasses, non?
– Pas dans mon monde. Je vais être un peu brutale mais il faut que tu te prépares à la dureté de la vie : les hommes sont tous des putes. Avec tout le respect que j’ai pour cette profession.
-Tu me donnes envie de me couper les veines avec un post-it. Donc, tu ne crois plus en l’amour?
– Concept abstrait. Aucun intérêt. Le problème étant que trop de femmes extraordinaires sont encore naïves et pensent que l’amour dure toujours. Oublie ces conneries et crois aux coups de rein plutôt qu’aux coups de coeur : tu t’épargneras bien des blessures. L’amour te bousille les fonctions cognitives : ça ne rend pas aveugle, ça rend con. Les hommes sont utiles, notamment pour procréer pour celles qui le veulent, mais ils sont totalement dispensables. Même sexuellement, ce n’est pas toujours extraordinaire… alors que mon rabbit, doté de 18 vitesses, me fait grimper au rideau en 12 secondes chrono. Aucun homme n’a égalé cette performance.
-Tu me déprimes…
– Non, mais je ne méprise pas les hommes pour autant, hein. Il faut juste évoluer dans nos vies en solo, parce qu’ils peuvent partir et nous décevoir à n’importe quel moment. Les femmes sont le vrai sexe fort et n’ont pas le droit de faiblir : ça demande une grande force de caractère. On dit souvent qu’il faut « rester soi-même dans la vie ». C’est faux : il faut être Beyoncé, notre déesse à tou(te)s. Donc laisse la Beyoncé qui est en toi s’exprimer. Sois Queen B. ou Michelle Obama : voilà mon conseil pour survivre dans cette société. Beyoncé est la reine du monde et Michelle a façonné l’homme qui a dirigé le pays le plus puissant du monde. En plus, ces deux femmes savent bouger leur boule. Tu devrais donc vraiment les prendre en exemple parce que je t’ai vue pendant le cours de zumba : tu n’as aucun sens du rythme et aucune fluidité dans tes mouvements. On dirait Taylor Swift, en pire. »

Outre les commentaires désobligeants sur mon absence de sensualité corporelle quand je transpire dans une salle de sport, cette conversation me permettait de creuser un peu plus la piste de réflexion déjà évoquée par Anna. Mais ça me déprimait un peu sur les hommes et la relation hommes/femmes, il fallait donc poursuivre l’investigation. Et je ne savais pas en quittant Alexandra ce jour-là que tout le discours d’indépendance qu’elle venait de dérouler allait être mis à mal un peu plus tard.

*Les adeptes de H2G2 savent que la réponse est 42.

 

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