Épisode 59 : notre premier baiser (et une enquête pour le cerner)

Couple amoureux et premier baiserReading Time: 6 minutes

Précédemment : Épisode 58 : notre rencontre grâce à Adopteunmec

Nos doux moments à deux

Deuxième rencard : wow, il est tellement différent !

Après un premier rencard sympa, un deuxième rendez-vous s’était rapidement profilé et le zsa zsa zsu s’était manifesté. Mais si, le zsa zsa zsu, comme dans cet épisode de Sex & The City (l’une des références cultes de beaucoup de trentenaires). Avoir le zsa zsa zsu, c’est ressentir ces papillons dans le ventre, quand tu commences à sourire bêtement face à quelqu’un qui te plaît énormément, comme si tu pouvais te nourrir de ces moments intenses avec l’autre. Oui, le zsa zsa zsu est terriblement niais et puéril et on ne le ressent qu’au tout début d’une relation amoureuse. Mais c’est un sentiment tellement  jouissif.

Pour notre rencard, Monsieur Connard avait choisi et réservé un restaurant éthiopien (original : GOOD POINT) qui n’était pas ultra-bon (BAD POINT), mais ne voulant pas faire ma chieuse, je n’avais rien dit. Nous avions encore pas mal discuté, il avait encore évoqué son ex (BAD POINT), sa famille, ses amis d’enfance, sa vie, sa passion pour la politique, pour la musique, pour le cinéma… Il était décidément très, très bavard et avait plein de choses à raconter (GOOD POINT), mais la conversation ne le concernait que lui (BAD POINT). Plus il parlait et plus je me disais qu’il me plaisait parce qu’il semblait gentil, attentionné et surtout inoffensif comme un petit chaton. Paradoxal pour qualifier quelqu’un que je surnomme maintenant de Monsieur Connard hein ?

A en croire ses mots, il avait porté son couple à bout de bras et avait été d’un énorme soutien pour son ex, un peu fragile, quand celle-ci n’allait pas bien. J’étais charmée (conséquence du zsa zsa zsu) par cette marque de fiabilité et de robustesse psychologique… bien qu’agacée qu’il ramène encore tout à cette fille. Il détournait l’étape « On apprend à se connaître » en « Je parle de moi et uniquement de moi ». Disons qu’il aimait beaucoup s’écouter parler : en mode branlette intellectuelle. Le gars qui pourrait se toucher juste en s’écoutant parler.

Zsa zsa zsu confirmé et premier baiser

Lors de ce deuxième rendez-vous, je réalisais qu’il me plaisait énormément malgré sa diarrhée verbale (personne n’est parfait, me disais-je). Et j’hésitais à l’embrasser. Peur de me prendre un vent, peur d’être rejetée parce qu’à vrai dire, je n’avais toujours pas compris s’il m’envisageait comme une pote, comme une « rebound girl » (le temps d’une relation-pansement …) ou comme une « petite-amie ». Ses signaux n’étaient pas très clairs. Je crois qu’il n’émettait d’ailleurs aucun signaux. Ou bien, je n’ai rien compris. La subtilité dans la séduction, ce n’est pas mon fort : il me faut un panneau lumineux m’indiquant le feu vert et un mode d’emploi avec des schémas. Pour preuve, avec Voldemort, il m’avait fallu trois semaines, six rendez-vous et de nombreuses parties de jambes en l’air pour comprendre que l’on était en couple. Et je vous rappelle, en plus, qu’on travaillait ensemble et que je le voyais donc tous les jours.
Pas mon point fort, je vous dis.

Quand, au restaurant, Monsieur Connard m’a finalement pris la main, juste après le dessert, je me suis dit que soit il voulait me lire les lignes de la main pour me confirmer qu’une extraordinaire carrière de maître du monde se profilait… Soit, c’était un signe. J’ai opté pour la seconde théorie et je me suis décidée : je l’ai embrassé. Ce qu’il a interprété plus tard en « Elle s’est jetée sur moi ». Je n’ai jamais osé lui dire que le seul homme sur lequel j’aurais pu vraiment me jeter, c’est Tom Ellis (ou -bien sûr- Idris Elba). Simple, basique.

Ce baiser était… bien. Et ça me changeait. C’est curieux, mais j’avais l’impression d’un baiser très respectueux. Avec le Gentleman Fucker, c’était une relation dissimulée : il était un mec infidèle qui me cachait pour mieux préserver sa vie personnelle. Et là, avec Monsieur Connard, on était dans un restaurant, dans un lieu public, à nous embrasser. Il ne me cachait pas, il avait l’air content voire fier d’être avec moi. Je pensais l’être aussi. Ça s’annonçait bien. A ses côtés, je me sentais… sereine.

Il me trouve « jolie »

Nous nous sommes rapidement revus plusieurs fois et à chaque fois, il était tellement attentionné, sensible, délicat, me faisait le baise-main, des bisous dans le cou, il me trouvait jolie. Il n’a jamais dit intelligente ou drôle. Mais il disait « jolie ». J’aurais préféré qu’il me dise « brillante, drôle, passionnante, curieuse, douée dans son travail de journaliste, élégante ET méga canon »… mais non. Bon, OK, peut-être pas « élégante » compte tenu de ma passion pour la réponse « Dans ton cul » à chaque question commençant par « Où est… ? ». Mais à part « élégante », j’avais quand même d’autres qualités, non ? Bah non.
Juste « jolie ».
C’est pas énorme, c’est certain.
Mais je souffrais d’une telle carence en affection et j’étais dans une telle quête de considération dans le regard de l’autre, que j’étais déjà contente de ce modeste qualificatif. Vous imaginez le faible niveau de confiance en moi si j’arrivais à me contenter de « jolie » ? J’étais déjà amoureuse de l’idée d’être en couple et d’avoir quelqu’un à mes côtés, j’avais l’impression de mériter enfin d’être heureuse en amour, j’avais l’impression de mériter d’être respectée. Je considérais en effet, et assez maladroitement, que sa présence était déjà une forme de respect et de considération envers moi. Alors que non : ce n’est pas ça le respect.
Commençant clairement à ressentir le fameux « zsa zsa zsu », je devais rapidement m’assurer qu’il n’était pas un psychopathe et qu’il ne prévoyait pas de me droguer pour vendre mes organes au marché noir de Budapest. Une enquête était donc nécessaire. Après avoir annoncé au squad que j’étais en couple (pour la plus grande joie de Marc, heureux de voir qu’enfin l’une des amies de sa femme était casée), j’ai chargé Anna de mener une investigation sur « mon mec ».

Enquête et analyse des données : est-il fiable ? 

Anna se prend pour Jessica Jones

On a tous un pote capable de retracer l’arbre généalogique d’un suspect à partir de son simple nom. Mais si, vous savez, ce pote qui mène des enquêtes et fouine sur les réseaux sociaux, à la recherche d’informations louches : le pote stalker. Ce pote, c’était Anna que je surnommais Jessica Jones, comme l’héroïne badass de la série Marvel proposée par Netflix. Bien sûr, elle ne pouvait pas tout savoir et j’aurais aimé qu’elle me fournisse des informations sur les antécédents psychiatriques de Monsieur Connard (juste au cas où…) ainsi qu’un portrait-robot de cette putain d’ex dont il était si souvent fait mention. Mais Anna avait quand même fait du bon boulot, avec les moyens du bord. A chaque enquête qui lui était confiée, je me disais que si elle disposait des moyens financiers et matériels nécessaires, cette fille serait plus efficace que la NSA. Une carrière de détective privée lui aurait parfaitement convenue.

L’homme est-il approuvé par la meute ?

Anna avait collecté pas mal d’informations malgré le peu de présence de Monsieur Connard sur les réseaux sociaux. Heureusement, les bavardages incessants de Monsieur Connard m’avaient également permis d’engranger quelques données. Toutes ces datas avaient été réunies et examinées lors d’une soirée avec le squad pour déterminer s’il avait le potentiel pour être mon +1. Le squad m’avait bombardé de questions pour me permettre une analyse de la situation.

Il est gentil avec toi ?
Très. 
Il est galant ?
Ça peut passer…
Y a-t-il une admiration mutuelle entre vous?
Heu, pas sûr… Il a un avis sur tout, y compris sur mon métier qu’il a l’air de mépriser un chouïa. 
Quelle est sa relation au féminisme ? 
Il se prétend féministe.
Il sait que tu veux des enfants ? Quelle est sa position là-dessus ? 
Sujet sensible. Il sait que j’en veux, mais il dit ne pas vouloir se projeter.
Tu as déjà couché avec lui ?
Non. C’est en projet : je suis allée chez l’esthéticienne. 
Donc, tu ne sais pas encore s’il a un micro-pénis… Je ne te le souhaite pas. Est-il encore en contact avec son ex ?
Malheureusement oui, puisqu’il me casse les couilles en me parlant d’elle systématiquement.
Est-il proche de sa mère ? De sa famille ? 
Apparemment, oui.
Est-ce qu’il est proche de ses potes ? Sont-ils normaux ?
Trop proche de ses potes et ils paraissent raisonnablement normaux pour le moment.
Avez-vous des points communs ? Et surtout des points de divergence ? Zsa zsa zsu confirmé ?
Oui et oui. Suffisamment de points communs pour nous rapprocher, suffisamment de points de divergence pour nous disputer et/ou apprendre de l’autre. Bon ratio.
Où est-il en ce moment ? 
Dans ton cul.


Bon. Vous voyez, pas élégante.

Toutes les réponses du questionnaire du squad n’étaient pas pleinement satisfaisantes, mais les filles étaient tellement ravies que j’aie enfin réussi à accorder une infime partie de ma confiance à un autre homme, que rien ne pouvait, à leurs yeux, remettre en cause mon choix et mon affection naissante pour Monsieur Connard.Du moins, à ce moment-là.  Me concernant, sachant qu’il aimait les Nuls et le Dixième Docteur, il avait déjà fait la moitié du chemin vers mon cœur. Gaëlle nous voyait déjà mariés, Anna me voyait déjà enceinte. Moi je savourais ce début de relation, en espérant secrètement que Gaëlle et Anna avaient un don pour la voyance…

-Par Louise

 

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