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Épisode 54 : l’intervention

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Précédemment : Épisode 53 : opération commando en cours

Reboostage des egos

RTT, congé payé, chômage… Nous avions toutes libéré un jour pour savourer cette « intervention » pensée par Gaëlle. Grâce à son CE, Gaëlle nous avait eu des tarifs intéressants pour une séance de massage dans un institut de beauté qui ressemblait à une extension du paradis. Ce mardi-là (moins bondé que le samedi initialement envisagé), dès l’ouverture, Anna, Naomi, Gaëlle et moi avions emmené Alexandra dans ce lieu de délice pour discuter, analyser, bitcher et lui rebooster le moral. Elle vivait mal que son amant -un homme marié- ait brutalement coupé les ponts avec elle, sans explication. Elle avait donc besoin de nous. Alex, qui avait dû poser un jour auprès de son employeur sans connaître la raison, avait moyennement apprécié le concept de « fais-nous confiance car tu ne connaîtras pas le contenu de la journée ». Alex n’était pas une adepte des surprises de toute évidence. Mais cette intervention allait lui être bénéfique.

Institut de beauté et état des lieux

Le manque d’affection

Panneau "love yourself'Heureusement, le visage d’Alex s’était éclaircit en découvrant l’institut dans lequel elle allait se faire palper la couenne, pour commencer cette journée « intervention ». Chacune avait choisi son massage et après une heure de bonheur orgasmique, nous nous étions retrouvées dans l’espace tisanerie. L’occasion de lancer le sujet qui fâche autour d’un petit thé Earl Grey.
-Alors, Alex : vide ton sac banane, qu’est-ce que t’as ?
-Pfff. J’en ai marre d’être seule. Enfin… j’aime être seule parce que je m’aime mais j’ai l’impression d’être un jouet pour mes amants, et ça me saoule. J’ai l’impression d’être en position de soumission, de dépendre de leur affection. Et je n’aime pas être soumise quand je ne le maîtrise pas, expliqua Alexandra
-En fréquentant un homme marié, tu t’attendais à quoi ? Une demande en mariage ? demanda Naomi
-Non… mais je ne comprendrais jamais comment un mec peut faire le mort comme ça, ne plus répondre à mes messages du jour au lendemain et tourner la page aussi rapidement. On vit plusieurs semaines cool et hop, le mec disparaît !  Quel fils de…
-Wow. Laisse sa mère tranquille, coupais-je
-J’veux pas faire genre, j’parle de mon mec, mais…. Marc te l’avait dit « Tu mérites d’être l’objet de toutes les attentions d’un homme, tu mérites d’être la seule femme ». Et il n’a pas tort. Tu te déprécies en acceptant d’être la meuf qu’on cale entre deux rendez-vous, ajouta Gaëlle.
-C’est pas de ma faute si c’est le seul enclin à me donner de l’affection…

Les quatre vérités

-Le problème, c’est qu’il te donne un avant-goût d’affection. Un avant-goût addictif… qui te laisse sur ta faim parce qu’il ne pourra jamais te donner davantage parce qu’il est marié. Tu es une distraction pour lui, tu ne comptes pas pour lui, il n’a pas de sentiments pour toi, il ne t’aime pas. S’il t’aimait, il ne pourrait pas t’évincer de sa vie aussi facilement, continua Gaëlle. Tu vaux mieux que ça, tu vaux une vraie relation de couple.
-Oui… mais je suis une femme indépendante insista Alex
– Mon diagnostic : tu as peur de l’engagement et tu te caches derrière ton indépendance. Être indépendante n’est pas incompatible avec une vie de couple, si c’est ce que tu veux. Travaille sur la confiance que tu accordes aux autres, jugea Gaëlle. Ça fait peur de se lancer dans une relation, c’est comme un saut dans le vide, c’est risqué. Mais sans prendre de risque, on n’avance pas.
-Tu peux aussi ne pas vouloir de relation dite « classique », mais dans ce cas, établis des règles avec ton partenaire. Les femmes ont suffisamment de choses à gérer -ce n’est pas pour rien que la charge mentale a autant fait parler d’elle- , doivent se battre dans le boulot pour être autant considérées que les hommes, doivent penser à tout… et tu vas pas, en plus, t’infliger un manque de respect qui plombe ton amour-propre, émanant d’un connard. T’as pas le temps pour ça, bordel. Comme dirait le mème « ain’t nobody got time for that« , continua Anna

-Tu es une femme merveilleuse, tu peux te permettre d’être exigeante avec les hommes, bordel. Respecte-toi, merde, s’emporta Naomi qui ne nous avait pas habitués à autant de vulgarité en un laps de temps si court. Fais le point sur ce que tu veux : de l’amour et du respect ? Agis en conséquence, élève tes standards.

Shooting et bitching

Dita Von Teese en action…. enfin presque

Les propos de Naomi avaient résonné dans nos têtes… et dans la sienne. Alors que nous quittions l’institut de beauté pour nous préparer à un shooting photo sur la thématique « femme fatale », Gaëlle rappela qu’Alex n’était pas la seule à devoir être jugée pendant cette intervention du jour. Alors qu’on se faisait sagement maquiller, pour accompagner nos looks dignes de Dita Von Teese, Anna rompa le silence avec une remarque pertinente.
– LES MEUFS, on n’est pas carrément bandantes, là ?
– J’ai tellement de laque dans les cheveux que si un mec craque une allumette dans un rayon de 12 kilomètres, je risque la combustion. Mais à part ça, c’est vrai que c’est pas mal, m’exclamais-je
– J’ai l’impression que les armatures de mon soutif m’ont perforé des organes…On peut vivre sans rate? demanda Alex avec inquiétude
-C’est normal que ma robe soit si serrée ? On peut rester combien de temps sans respirer ? C’était peut-être pas une bonne idée une gaine si… gainante. Je suis en train de crever, s’alarma Naomi
-J’avoue que je dis qu’on est bandantes, mais j’ai l’impression d’être maquillée à la truelle. Putain, c’est dur d’être Dita. Mais la photo sexy-glam que l’on va faire sera parfaite pour marquer notre « nouveau nous », reprit Anna
-Exactement, le « nous » qui nous aimons, le « nous » qui n’avons pas besoin d’exister à travers le regard d’un homme si nous ne le voulons pas. Le « nous » qui a la confiance. Le « nous » qui déchire. Cette séance photo sert à libérer la Beyoncé qui est en nous. La show-woman qui déchire, déclara Gaëlle emplie d’une confiance communicative.

Les Dita Von Teese ont la poisse en amour

Pomponnées, apprêtées, le mode « bombasse » activé, nous patientions en salle d’attente en attendant que le photographe nous accueille en divas que nous étions dans son boudoir or et noir.Gaëlle gardait en tête l’objectif de cette intervention et continua son état des lieux de nos vies sentimentales chaotiques, en commençant par Naomi.
-Alors ? T’avais pas un mec aux dernières nouvelles ?
-Non, ce n’est plus d’actualité. Je ne veux pas en parler. Je vais crever seule. Ils me quittent, sont gays, me trompent, sont en dépression… Apparemment, je suis une quiche pour trouver un mec qui veut une relation de couple normale avec moi. J’ai de l’amour à donner mais personne pour le recevoir.
– Anna ?
– Je n’ai aucun problème, je ne crois juste plus à ce truc surfait qu’est l’amour. Mais je pense que vous avez raison d’y croire encore, vous avez encore un peu de candeur que je vous envie. Je suis sur Tinder, je trouve des plans cul convenables et ça me va. Inutile de demander plus. J’ai déjà une super carrière donc apparemment, selon les lois de l’univers et du karma, je suis vraisemblablement inéligible au bonheur conjugal. Je m’y fais. Contrairement à Naomi, je n’ai peut-être plus d’amour à donner.
-OK… Miss Rabat-joie. Louise ?
-Je n’ai ni carrière ni mec. Je ne fais confiance à personne, les hommes jouent avec moi : soit je suis une maîtresse, comme Alex, soit on ne m’aime pas. A croire qu’il est impossible de tomber amoureux de moi. Je dois être une sacrée connasse.
-Super. Cette journée s’annonce formidable… Dès que le photographe aura immortalisé notre splendeur immédiate*, on évoquera vos vies et on remet à jour vos profils sur les sites de rencontres, annonça Gaëlle solennellement. Il faut néanmoins vous le dire : j’ai connu la plupart de vos ex et ils étaient majoritairement des gros cons. Sans donner de noms, ils étaient condescendants, méprisants, infidèles, dotés de problèmes de communication, verbalement violents, éjaculateurs précoces ou sexuellement agressifs… Ils étaient ce que, dans mon jargon, on appelle des connards. Donc, vous avez gaspillé des semaines, des mois ou des années de votre vie avec des hommes de cette catégorie. Il est peut-être temps d’élever le niveau, non ? Soyons badass, diantre !

Cupcakes et analyse

La photo prise, nous avions poursuivi la journée « intervention » dans un salon de thé élégant où manger des cookies et des cupcakes sans gluten. L’objectif était de nous pencher sur notre vision de l’amour et de la relation de couple… pour trouver mieux. Nous avions précédemment analysé les sites de rencontres et il en était résulté que Adopteunmec était le plus fiable pour trouver une relation sérieuse. Gaëlle, seule membre du squad en couple, supervisait l’opération commando en nous aidant à préparer les profils sur ce site et en amendant nos suggestions.
Anna met à jour son profil sur les sites de rencontres

Naomi cherche l'amour

Louise cherche l'amour

Fin de soirée arrosée

Le dîner-karaoké envisagé par Gaëlle pour clôturer cette intense journée d’intervention s’était transformé en soirée pizza /vin chez elle. Revenu d’une soirée entre potes, Marc nous avait retrouvés torchées, en train de chanter Le Jerk devant l’écran d’ordinateur, vers 2 heures du mat’. Selon lui, nous étions avinées et chantions faux. Mais la légende dira plutôt que nos voix enchanteresses ont charmé les dieux.

 

-Par Louise

 

*Et nos photos ? Fabuleuses, évidemment. Vous voyez les Spice Girls ? Vous voyez Beyoncé ? Vous voyez Pink ? Vous voyez Dita ? On les a niquées : on était encore plus qu’extraordinaires, terriblement chic en tenues rétro-glamour.

(A suivre)Épisode 55 : l’EVG de déglingo de Marc

 

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