Épisode 25 : Le jour où le Gentleman Fucker est arrivé dans ma vie (2/3)

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Previously dans l’épisode 24 : J’avais échangé avec ce quadragénaire, un avocat œuvrant dans ma société, pendant un long moment sans l’avoir jamais rencontré « en vrai ». Une relation épistolaire torride s’était mise en place avec lui et il semblait évident qu’après avoir flirté par écrit, il fallait passer au premier rencard. 

Pour imaginer la confiance dont je faisais preuve le soir de la première rencontre avec le Gentleman Fucker, il faut imaginer l’incroyable confiance que dégage Beyoncé sur scène. Vous voyez? Bien, alors maintenant… imaginez l’opposé. Bah voilà, c’était moi.

ETAPE 1 : se préparer

J’avais entrepris de gros travaux sur ma personne pour apparaître physiquement décente ce soir-là. Outre un récent passage chez le coiffeur, j’ai approximativement dû essayer 43 combinaisons de tenues et chaussures pour en arriver à la conclusion que toutes les femmes connaissent : J’AVAIS RIEN A ME METTRE !

Après plusieurs heures d’essayage, je m’étais rendue dans le bar parisien que j’avais choisi. En avance, j’avais donc commencé à boire des cocktails pour tuer le temps et mon stress par la même occasion. Pourquoi j’étais anxieuse? Il n’y avait pas d’enjeu pourtant.

« J’avais fait des recherches sur lui sur Google »

Je savais qu’il était physiquement agréable parce que j’avais fait les traditionnelles vérifications d’usage sur Google mais… et si les photos étaient anciennes et que la réalité était décevante? L’angoisse. Parce que oui, je voudrais pas paraître superficielle, mais je ne me tape pas des laiderons, hein.

gif tenez ca laidronne o metre

ETAPE 2 : la première impression

Quand il est arrivé dans le bar, j’ai immédiatement eu un coup de chaud. Je serais bien incapable de te dire, cher lecteur,  si c’était la conséquence de mes cocktails ou juste lui. Il avait un blouson de cuir et un casque de moto et j’en ai rapidement déduit, grâce à ce flair développé par d’intensives séances de binge-watching de la série Sherlock, qu’il devait probablement conduire un deux-roues. Et la moto… c’est carrément sexy, ça rappelle tellement Dr House. Ou Lorenzo Lamas dans Le Rebelle (ou Ponch dans CHiPS, pour les plus vieux d’entre vous).

« Il avait ce sourire qui ferait fondre un slip »

Il était grand, élancé, avec cette barbe de deux-trois jours faussement négligée qui booste le sex-appeal des mâles quadragénaires. Et surtout… il avait ce sourire qui ferait fondre un slip. Anna, Alex et Luke se focalisent toujours sur le postérieur de leurs amants, moi je craque pour les sourires. « T’es pas assez perverse » me rappelle d’ailleurs sans arrêt Alex. Néanmoins, pour établir un compte-rendu exhaustif du Gentleman Fucker à mes amis, j’allais devoir examiner la marchandise dans son intégralité et mater son postérieur.
Et par conscience, rigueur et respect pour mes amis, je l’ai évidemment fait avec une subtilité parfaitement inexistante.

« La polygamie semblait faire partie intégrante de son mode de vie »

En arrivant, il m’a poliment fait la bise, s’est installé à ma table, a commandé un cocktail et a pris de mes nouvelles, visiblement avec sincérité. On a discuté de travail, de vie de couple, de Paris, de mon ex, de Netflix, de son statut d’infidèle qu’il m’a expliqué dans les grandes lignes. Sans entrer dans les détails (me laissant ainsi dans le flou sur le nombre exact de ses partenaires), il n’a pas cherché à se dédouaner ou à assumer de façon outrancière une situation qu’il ne jugeait simplement pas. A l’entendre, le raisonnement semblait élémentaire : il avait deux bras, deux jambes, il respirait de l’air et il séduisait à tout va. Tout semblait logique, c’était juste un épicurien et la polygamie semblait être partie intégrante de son mode de vie.

ETAPE 3 : mais… qu’est-ce qu’il fout avec moi?

Je te cache pas, Lecteur, que ça m’intriguait quand même pas mal et je m’en faisais d’ailleurs la réflexion pendant qu’il me parlait. D’un point de vue sociologique, j’étais curieuse de comprendre ce qui incitait un homme, quel qu’il soit, à aller voir ailleurs, Et d’un point de vue personnel, j’étais étonnée qu’un serial lover s’intéresse à moi, surtout à ce moment-là de ma vie : je n’avais pas l’impression de renvoyer des signaux de séduction particulièrement favorables. S’il voulait pécho rapidement, je n’étais vraiment pas la meilleure proie : la preuve, il m’avait déjà fallu plusieurs mois pour accepter un simple premier rencard. Il était séduisant, drôle et spirituel : il n’avait sûrement pas de difficulté à séduire des demoiselles qui seraient d’ailleurs rapidement charmées. Alors pourquoi perdait-il son temps avec une femme pas du tout acquise ? Masochisme? Goût du challenge? Profonde connerie?

« Sil voulait pécho rapidement, je n’étais vraiment pas à la meilleure proie »

Selon mon analyse personnelle, je suis assez fabuleuse, mais tous les hommes que j’ai fréquentés jusqu’à présent ne l’ont, selon toute vraisemblance, pas entendu de cette oreille. Alors, qu’avait en tête le Gentleman Fucker? C’était confus…

Hebergeur d'image

Après m’avoir fait quelques compliments, il a évoqué assez librement des détails de sa vie privée et professionnelle ; un comportement que j’ai interprété comme une preuve de la confiance qu’il me témoignait. Néanmoins, quand je posais quelques questions pour creuser une thématique, il se lançait dans un teasing publicitaire avec un agaçant « Spoiler ! Tu sauras ça la prochaine fois qu’on se verra ». C’est à ce moment que j’ai eu un petit moment d’égarement. Perdue dans mes pensées je me disais qu’il m’avait très mal évalué : il n’avait de toute évidence pas encore détecté toutes mes névroses, à travers les courriels échangés pendant des mois.

ETAPE 4 : non mais vraiment… qu’est-ce qu’il me trouve ? C’est louche

Il allait rapidement apprendre que j’étais excessivement bavarde, avec la larme facile, complexée, colérique, jalouse, possessive, puérile, susceptible, anxieuse, têtue, légèrement bipolaire, asociale, misanthrope, flanquée d’une peur maladive de l’abandon, dotée d’un humour scato consternant et de goûts musicaux considérés par la vox populi comme affligeants, depuis qu’il avait été rendu public que j’avais osé payer sur iTunes, Le Youki de Richard Gotainer. Néanmoins…  stratégiquement parlant, il ne me semblait pas opportun de me dévoiler intégralement dès le premier rencard. Inutile d’avouer que j’avais vu La cité de la peur 247 fois (sans compter les rediffusions annuelles que je re-regardais), que j’annulais régulièrement des soirées avec mes potes le samedi soir pour privilégier Les Simpson sur W9, en mangeant des soupes chinoises, que j’avais aussi acheté l’album de Sébastien Patoche et que je riais inlassablement devant le sketch de La mouche qui pète. Au premier rencard,? Trop tôt pour me discréditer. 


(Tu ne le vois pas d’ici, Lecteur… mais oui : je ris. Encore. Je sais, c’est navrant)

Alors que je me demandais s’il fallait vraiment qu’un homme soit un jour au courant de mon appétence pour l’humour pipi-caca-prout, le Gentleman Fucker a interrompu le fil de mes pensées pourtant profondes. C’est le moment qu’il a choisi pour me prendre la main… que j’ai d’ailleurs failli reprendre à cause d’un réflexe bizarre. Je me suis finalement laissée faire, laissant apparaître un sourire crispé de malaise mal camouflé.

Sourire. Le. Moins. Sexy. Du. Monde.

ETAPE 5 : le baiser ! le baiser ! le baiser !

Mais ça ne l’a pas empêché de continuer à plonger son regard dans le mien de façon tout à fait déconcertante jusqu’à… ce qu’il me donne un ordre : « Embrasse-moi ». Bon, je ne suis pas une grande fan du french kiss : les soupes de langues sont globalement assez dégueulasses. Il n’empêche, là, c’était… différent. J’avais ce que Carrie Bradshaw appelle « le Zsa Zsa Zsu », à savoir les petits papillons dans le ventre. Rien à voir avec les symptômes d’une gastro-entérite, il s’agit simplement là de l’état de béatitude et de candeur que l’on ressent au tout début d’un flirt.

« J’avais le Zsa Zsa Zsu »

Alors que mon cerveau malade a interrompu mon Zsa Zsa Zsu pour me rappeler que ce type, que je rencontrais pour la première fois, pouvait aussi bien être un tueur en série, genre descendant de Ted Bundy, je réalisais qu’il se faisait tard. Cela faisait trois heures que l’on discutait et je n’avais même pas vu le temps passer. Il était temps pour moi de quitter le Gentleman Fucker avec un ultime baiser et de débriefer avec les amis.

ETAPE 6 : le débrief’

 

Tu veux savoir la suite, Lecteur ? Après ce premier rendez-vous, le Gentleman Fucker et moi nous revîmes à plusieurs reprises et promis, je reviendrai dessus avec moult détails, ultérieurement. Mais s’il y a matière à alimenter encore quelques articles, je peux déjà t’annoncer, Lecteur -ALERTE SPOILER – que nous ne nous fréquentons plus aujourd’hui. Mais tu finiras par savoir pourquoi…


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Chapitre 1 (épisodes 1 à 5) : la rupture
Chapitre 2 (épisodes 6 à 10) : ce que veulent les hommes
Chapitre 3 (épisodes 11 à 15) : quand l’amour rend con
Chapitre 4 (épisodes 16 à 21) : nos sexloses
Chapitre 5 (épisodes 22 à 28) : amour et désenchantement
Chapitre 6 (épisodes 29 à 32) : ah ! Si les hommes savaient…
Chapitre 7 : (à partir de l’épisode 33) les joies du taff
>> #30 le mag

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