Episode 24 – Le jour où le Gentleman Fucker est arrivé dans ma vie (1/3)

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Après ma rupture, quatre éléments m’avaient aidé à relativiser ma tristesse : le travail, le chocolat, le Chardonnay et… lui. « Lui » était un avocat d’une quarantaine d’années qui collaborait souvent avec le service juridique de ma boîte. Il était gourmand des mots, séducteur, drôle et beau parleur : le genre de gentleman à qui une âme perdue (au hasard… moi) ne peut pas résister très longtemps.

Pendant de longues semaines, nous avions entretenu des échanges professionnels rapidement devenus personnels qui n’avaient toutefois pas dépassé la virtualité de nos écrans interposés. Pendant de longues semaines, nous avions ainsi appris à nous connaître avec un délicieux vouvoiement qui ajoutait un soupçon d’audace à des courriels pourtant de moins en moins innocents. Progressivement et pendant de longues semaines, il avait réussi à m’amadouer et avait installé un jeu de séduction entre nous… alors qu’on ne s’était jamais rencontrés.

« Comment étions-nous passé de l’échange professionnel soporifique aux SMS sulfureux? »

Nos rapports n’avaient jusqu’alors jamais dépassé le cadre professionnel puisque nos rares échanges étaient exclusivement constitués de messages à caractère purement juridique, parfaitement chiants comme une pluie bretonne. Mais alors, comment étions-nous passé de l’échange soporifique aux SMS sulfureux? Aucune idée.

Et deuxième question pertinente : pourquoi étais-je entrée dans le jeu de flirt avec ce Gentleman ? Sûrement par goût d’être courtisée : Alexandra dirait certainement que se sentir désirable à travers le regard d’un homme est le meilleur moyen de se booster l’ego. Et elle n’aurait pas tort car elle a oublié d’être con, ma poto Alex.

Les débuts d’une relation secrète et la découverte que M. Gentleman est volage

Au début, avant même de se rencontrer, il a rapidement été question de garder cette relation secrète (bon… ce blog mis à part, hein). Et corollaire peu étonnant, il a également rapidement été question d’une relation sans attache et sans contrainte. Et tout aussi rapidement, il a été question… de constater que Monsieur était du genre volage. Pour te dire la vérité, cher lecteur, à ce moment-là, je m’en fichais comme du come-back de Loana.

J’avais mal, le cœur meurtri, j’étais en carence affective (le chocolat et le Chardonnay n’ont malheureusement pas tous les pouvoirs), j’en avais marre de ma vie sans intérêt et je me suis donc facilement laissée bercer par les jolis mots de cet homme.

« Je voulais une relation-pansement pour m’aider à cicatriser »

Je voulais tourner la page de mon ancienne relation au plus vite, en m’occupant avec une nouvelle histoire qui m’aurait servi de « relation-pansement » pour m’aider à cicatriser… mais je ne voulais pas risquer de faire de la peine à un homme en jouant avec ses sentiments. Résultat : ce Gentleman tombait plutôt bien dans ma vie. Une relation gagnant-gagnant puisque un homme volage, par définition, ne veut pas se poser…  et il était facile de déceler chez mon interlocuteur une absence totale d’envie de me demander en mariage. Ainsi, chacun ses raisons mais un contrat tacite commun : on ne serait pas en couple, on serait… quoi, d’ailleurs? Bon, ça, ça n’a jamais été défini.

« On ne serait pas en couple, on serait… quoi d’ailleurs? »

Le Gentleman est légèrement sapiosexuel sur les bords 

Il était plus âgé et nos rapports étaient donc parfois complexes. Tantôt matures et adultes, quand il s’agissait d’évoquer le milieu professionnel ou la littérature autre que Pif Gadget, nos discussions évoluaient rapidement vers du mentorat voire une expression de paternalisme de sa part. Ca m’agaçait bien sûr et j’avais envie de me rebeller comme une ado en claquant la porte et en lui disant « T’es pas mon père, d’t’façon ! ». Mais la vérité, c’est que j’en avais besoin. J’avais perdu mon amour-propre, mes repères sentimental et amical et j’étais aussi en train de perdre pied dans mon job : j’avais de toute évidence besoin d’être secouée et conseillée.  

« Nos discussions évoluaient rapidement vers du mentorat »

Dans ses messages, il s’exprimait bien, avec humour et avec un riche vocabulaire : parfait pour une amoureuse des mots comme moi. Il complimentait inlassablement mes capacités cérébrales : parfait pour une prétentieuse convaincue de sa supériorité intellectuelle comme moi. Il dégageait une maturité à des années-lumière de ce que j’avais vécu avec mon ex et en cela, il me donnait l’impression de me tirer vers le haut. Il excellait dans l’art du discours efficace et j’y étais sensible comme une ménagère séduite devant les pubs de TF1.

Le Gentleman est aussi un fucker

Je flirtais avec joie avec ce Gentleman pendant nos échanges épistolaire, tout en gardant en tête sa frivolité qui, à mon sens, devait l’inciter à séduire tout ce qui possédait des seins et un vagin. Je l’avais rangé dans le rayon « charmant, charmeur et infidèle » (ou Gentleman Fucker) et je n’attendais pas grand chose de lui, si ce n’est de me permettre de me ressentir femme avec ses compliments, ses flatteries voire ses quelques flagorneries.

Vu la nature de nos échanges parfois un peu coquinous, j’anticipais bien sûr notre rencontre « dans la vraie vie ». Mais je n’avais tellement pas de considération et de confiance pour ce fripon que je craignais davantage qu’il me refile une blennorragie plutôt qu’il me déçoive sur le plan humain, même si je sentais que les deux n’étaient pas incompatibles. Et en fait… bah, en fait je me suis plantée.

« Je n’avais pas tellement de considération et de confiance pour ce fripon »

Le Gentleman Fucker perturbe toutes mes convictions sur les hommes

Apres près de trois mois de messages très réguliers (et d’une patience illimitée de sa part en lisant mes inlassables concernant mon ex), il a proposé qu’on se rencontre IRL. Une suggestion que j’ai encaissée avec la même détente qu’une dinde invitée à sortir de son enclos à l’approche des fêtes de fin d’année : j’étais absolument terrifiée. Avec le mauvais goût qui la caractérise, Alex ajouterait sûrement que comme une dinde, j’avais peur de me faire fourrer. Mais comme je suis un peu plus classe qu’Alex, je t’épargne cher lecteur ce genre de comparaison obscène.

Le flirt avec le Gentleman Fucker était exaltant par écrit parce que tout restait dans le domaine du fantasme immatériel mais… en vrai ? Il était attentionné, s’enquérait de ma situation, semblait s’intéresser à moi et tout ça avec sincérité, visiblement. Moi qui ne faisais plus confiance aux hommes, j’étais perdue en lisant les fréquents messages du Gentleman Fucker : un infidèle est forcément un pauvre con normalement. Pourtant là… il brouillait mes signaux et perturbait mon équation (parfaite) : hommes = connards ou fils de pute (pour reprendre le classement du livre Celibadtrip).

« Un infidèle est forcément un pauvre con normalement. Pourtant là… »

Est ce que j’étais prête pour ça ? Est ce que j’avais suffisamment avancé dans le processus de deuil de mon couple brisé pour me lancer dans cette histoire qui devait impérativement rester superficielle ? Et surtout ma principale angoisse : est ce que je ne risquais pas de tomber amoureuse de ce type simplement parce qu’il m’accordait l’attention dont j’avais besoin à ce moment là ?  Est-ce que je ne risquais pas de me sentir, encore une fois, vulnérable en faisant malmener mes sentiments et mon petit coeur en chamallow?

Anxieuse et surtout dotée d’une extraordinaire lâcheté (mon côté masculin sûrement…), j’ai annulé plusieurs rendez-vous avant de me sentir prête pour le premier rencard avec le Gentleman Fucker.

« Est-ce que je ne risquais pas de me faire – encore- malmener mon petit coeur en chamallow ? »

Et comme toute femme célibataire d’un certain âge, je m’étais promis qu’il ne se passerait rien lors de ce date et je m’en étais assurée en zappant l’épilation du maillot et en laissant tout ça en jachère.

Plus efficace qu’une ceinture de chasteté. Je savais ainsi que je resterais pure et digne pour ce premier tête-à-tête…


LIRE AUSSI : 
Chapitre 1 (épisodes 1 à 5) : la rupture
Chapitre 2 (épisodes 6 à 10) : ce que veulent les hommes
Chapitre 3 (épisodes 11 à 15) : quand l’amour rend con
Chapitre 4 (épisodes 16 à 21) : nos sexloses
Chapitre 5 (épisodes 22 à 28) : amour et désenchantement
Chapitre 6 (épisodes 29 à 32) : ah ! Si les hommes savaient…
Chapitre 7 : (à partir de l’épisode 33) les joies du taff
>> #30 le mag

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