Episode 23 : Le jour où j’ai revu mon ex… et sa nouvelle copine

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Inutile de te rappeler, cher lecteur, à quel point ma rupture a été difficile à vivre. Si tu l’as oublié, je t’invite à relire ça et ça pour que tu réalises à quel point mon ex a été méchant (en toute objectivité bien sûr) et pour que tu prennes parti en ma faveur.  Si tu as la flemme, je te résume l’histoire : j’étais amoureuse, je voulais faire ma vie avec lui… et pas lui. Il lui a fallu plus de deux ans pour réaliser qu’il n’avait pas de sentiments pour moi et il a décidé de me plaquer pour mon 30eme anniversaire.

L’ex revient comme une fleur (alors qu’il m’a menti et broyée)

Alors que j’avais tenté de prendre sur moi pour digérer cet échec sentimental cuisant, mon ex (Voldemort, donc) avait choisi de repointer son nez innocemment, seulement quelques petits mois après m’avoir brisé le coeur. Il avait pris l’initiative de m’écrire pour me rappeler, comme si de rien n’était, tous les bons moments qu’on avait passés ensemble lorsqu’on était en couple. J’avais hésité à l’envoyer se faire foutre ou à ne pas répondre du tout et j’ai bêtement choisi une troisième option : je lui ai répondu par mail pour lui expliquer, en des termes polis, à quel point il m’avait broyée.

 

Ce mail destiné à clôturer ce qui avait un goût d’inachevé, m’avait fait du bien sur le coup, mais il était surtout parfaitement inutile : c’était comme pisser dans un violon voire une contrebasse (en misant sur une vessie très résistante). Après ma mise au point, il ne m’avait plus donné signe de vie, ce que j’avais évidemment traduit par  “Je m’en bas les couilles de Louise” (ou comme disent les jeunes “Balek”). Ultra-vexant même si je ne devais probablement pas m’attendre à mieux puisque je venais de lui reprocher de m’avoir fait du mal.

***

Une semaine après la lettre envoyée par Voldemort, je tentais de poursuivre ma reconstruction et tentais surtout de retrouver confiance en moi pour finaliser le sevrage. Un processus qui passait par un relooking capillaire mis en avant lors d’une super soirée chic à laquelle Gaëlle et moi étions conviées. Sur les conseils de Maître Gims, on était sapées comme jamais avec des robes au décolleté vertigineux et des escarpins indécents : nous étions divines même si on souffrait en mourant progressivement des pieds.

Ce soir-là, j’avais approximativement mis 4 heures pour me préparer, désireuse non pas de plaire à un quelconque détenteur d’une paire de couilles mais pour me plaire à moi-même. Preuve que j’étais sur la bonne voie pour aller mieux. Super look oblige, Gaëlle et moi avions évidemment enchaîné les selfies pour immortaliser nos tenues et nos coiffures de déesses.

Pendant cette soirée chic du vendredi soir, alors que j’enchaînais les petites douceurs au foie gras et les verres de mojito royal, un événement m’arrêta net dans mon élan éthylique : il était là. Il portait une chemise que je lui avais offert, un jean et une veste et se tenait là, à deux mètres de moi. Alors que Gaëlle se rinçait la glotte au champagne juste à côté de moi, je restais tétanisée par la vision de mon ex. Les sentiments se mélangeaient mais je crois que ce qui prédominait, c’était la peur. Probablement la peur de me faire humilier à nouveau.

« J’avais peur de me faire humilier à nouveau »

Revient-il pour me refaire du mal? Non, il m’a déjà oublié, il vit juste sa vie

Au bout de trente interminables secondes pendant lesquelles nous nous regardions droit dans les yeux, c’est la colère qui a refait surface car Voldemort n’était pas seul : il tenait la main d’une fille. Pas une femme, parce qu’elle n’avait aucune classe et ressemblait surtout à une étudiante en lettres ayant beaucoup trop redoublé, mais une fille. Une fille que je connaissais bien : c’était une collègue à lui. Une fille qui lui plaisait depuis longtemps parce qu’il me l’avait déjà avoué un soir où il était alcoolisé, une fille qui lui envoyait des textos à 22h00, une fille qui « likait » toutes ses photos sur Instagram. Bref. LA fille que j’appelle LA TE-PU DU BUREAU (et ce, même si je n’ai pas eu vent qu’elle pratiquait des relations sexuelles tarifées ou qu’elle était une croqueuse d’hommes).

« Il était avec une fille, pas une femme. Une fille sans aucune classe »

LA fille pour laquelle il m’avait donc quittée. J’avais le souffle coupé en me demandant quand leur histoire avait commencé et s’il m’avait donc bien trompé, comme je l’avais pressenti (ce qu’il n’avait confirmé… mais jamais nié non plus).  Après deux interminables minutes à se regarder en face à face, sa nouvelle copine est venue me saluer avec une fausse candeur. “Salut Louise, quelle surprise de te voir ici !” m’avait-elle lancé avec un regard de défiance qui traduisait que le titre de propriété sur Voldemort avait bien été transféré et que l’homme était désormais à elle.  

Je l’ai regardée, elle m’a regardée, je l’ai regardée, elle m’a regardée et je lui ai serré la main, instaurant ainsi une distance avec cette pétasse que je connaissais pourtant très bien mais avec laquelle je n’étais jamais devenue amie. Et pour cause, elle représentait tout ce que je déteste chez les vingtenaires d’aujourd’hui : prétentieuse, calculatrice, arriviste et… jeune. Tout ce que je déteste, quoi. Dans ma tête, je lui aurais bien éclaté la gueule. Mais je suis civilisée et je ne l’ai pas fait. Tu es impressionné par ma sagesse, lecteur hein ?

« Cette fille ? Je lui aurais bien éclaté la gueule »

L’échange courtois avec l’ex et sa te-pu

Je me suis approchée de Voldemort sans savoir si j’allais lui donner un coup de poing dans la tronche ou me jeter à ses pieds pour le supplier de larguer cette morue pour revenir vers moi mais j’ai finalement opté pour un compromis en lui serrant également la main en déclarant : “Passez une très belle soirée”. Je rêvais de leur crever les yeux à tous les deux mais je voulais rester digne face à lui et ne surtout pas montrer qu’il avait encore une emprise sur moi. A force d’analyser les comportements étranges de mes amis, j’avais compris qu’il était de bon ton de paraître mature. Et c’est donc avec un hochement de tête qui aurait pu ressembler à une bénédiction tacite de leur union que j’ai tourné les talons, pour poursuivre la soirée et rejoindre Gaëlle, inquiète pour moi.
« -Ca va, Louise?
-Donne moi du champagne : je vais me saouler, vomir et pleurer.”

Une demi-heure après, Gaëlle et moi quittions la soirée. Sentant que ça n’allait vraiment pas, elle avait proposé de rester dormir chez moi, mais j’avais décliné en sachant qu’elle avait prévu de partir en week-end avec Marc le lendemain matin très tôt. Je culpabilisais que ma rupture m’affecte encore et je ne voulais pas que ma déprime impacte mes proches.

Nuit de merde et méga-dépression

Comme envisagé, j’avais donc bien terminé mon vendredi soir à pleurer et vomir dans les toilettes, seule. A me demander pourquoi je ne méritais visiblement l’amour, à me demander s’il existait quelqu’un qui pouvait m’aimer, à me demander si, jusqu’ici, j’avais sous-estimé ma fragilité psychologique et ma dépendance affective et si j’avais, par la même occasion, surestimé ma force et mon indépendance.

« J’avais sous-estimé ma fragilité, sur-estimé mon indépendance »

Je n’avais plus d’estime de moi : celui-ci avait dû se mélanger au vomi en étant évacué dans les cabinets. Et je me suis surprise à revenir au stade initial, comme si je venais tout juste de me faire larguer, avec la même sensation désagréable d’être transpercée par la douleur.

***

Après cette soirée, les jours passaient et le traumatisme d’avoir eu la confirmation qu’il avait tourné la page m’était insupportable. Pour m’en sortir, (presque) même cérémonie : alcool, livres de développement personnel, comédies romantiques et beaucoup, beaucoup de soirées à pleurer. Et ce, pendant des mois. Cette fois, je n’avais pas vraiment développé ma rechute à mes amis, par fierté. J’avais peur qu’ils me jugent faible de ne m’en être toujours pas remis, peur qu’ils soient saoulés par mes jérémiades et mes larmes, peur qu’ils ne comprennent pas.  Certains amis avaient disparu de ma vie avant même que je ne pleure sur leur épaule, je me disais que je risquais de perdre ceux qui me restaient en les sollicitant à nouveau. Alors j’en ai déduit qu’il fallait œuvrer seule : je me suis dit que j’avais besoin de toucher le fond pour m’en remettre. 

« J’avais déjà perdu des amis et je me suis dit que je risquais de perdre ceux qui me restaient, les vrais, en les sollicitant à nouveau »

Comment fait-on pour se conditionner à écouter son cerveau, lucide, qui sait que cette relation était une erreur ? Comment fait-on pour se conditionner à ne pas écouter son coeur, décidément très con ? J’en avais aucune idée, alors en bonne victime de la société de consommation, j’ai téléchargé l’application Mend, en anglais, censée aider à retrouver confiance en soi après une séparation… et bizarrement, ça m’a un peu aidé.

Mais ce qui a fini par le plus m’aider à retrouver le goût des interactions sociales, du jeu de séduction, c’est lui : le « friend with benefits ». Un gentleman dont j’avais besoin, celui qui m’a traité avec respect et qui m’a redonné confiance en moi en tant que femme en me faisant comprendre que je n’avais pas de raison d’être dévastée, puisqu’un boulevard se présentait désormais à moi pour les rencontres.

Seul problème : son infidélité chronique et assumée. 


LIRE AUSSI : 
Chapitre 1 (épisodes 1 à 5) : la rupture
Chapitre 2 (épisodes 6 à 10) : ce que veulent les hommes
Chapitre 3 (épisodes 11 à 15) : quand l’amour rend con
Chapitre 4 (épisodes 16 à 21) : nos sexloses
Chapitre 5 (épisodes 22 à 28) : amour et désenchantement
Chapitre 6 (épisodes 29 à 32) : ah ! Si les hommes savaient…
Chapitre 7 : (à partir de l’épisode 33) les joies du taff
>> #30 le mag

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Episode 23 : Le jour où j'ai revu mon ex... et sa nouvelle copine
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Episode 23 : Le jour où j'ai revu mon ex... et sa nouvelle copine
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Très amoureuse de son ex, Voldemort, Louise avait eu beaucoup de mal à se remettre de cette rupture subie. Alors le jour où elle est re-tombée sur lui, elle a été dévastée. D'autant qu'il n'était pas seul : il était avec sa nouvelle copine.
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Nos 30 ans - Génération X/Y
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